Les journalistes du journal l’Union réclament leurs dus et leur nomination au sein de l’État
Depuis plusieurs jours, le torchon brûle entre des journalistes contractuels du journal L’Union et le ministère de la Culture et de la Communication. À en croire des journalistes de cette structure requérant le couvert de l'anonymat, l’État leur doit des arriérés de salaire d’octobre 2019 à date. En ce sens, ces journalistes disent réclamer leurs émoluments et leur nomination en bonne et due forme. Contacté à ce sujet, le ministre de la Culture et de la Communication, Pradel Henriquez, a indiqué que ce dossier était en cours de traitement. Il faut attendre le budget 2020-2021 pour régulariser la situation.
Le président Jovenel Moïse a pris la décision de remettre en service le journal L’Union en 2017. Trois ans après cet acte et bien avant même, c’est déjà le conflit entre des journalistes de ce média d’État jouissant du statut de contractuel et le ministère de la Culture et de la Communication. Comme principales revendications, ces journalistes, au nombre d’une vingtaine, réclament leurs salaires d’octobre 2019 à date ainsi que leur nomination comme fonctionnaires de l’État.
Pour remonter le fil de l'événement, ces journalistes nous ont informés avoir tenu une rencontre avec le Conseil national de Coordination des médias d’État et de service public chargé de la gestion du journal au cours de laquelle certaines promesses auraient été faites. Durant cette rencontre tenue en date du 20 décembre 2019, le Conseil, qui coordonne les activités en l'absence d'un directeur général nommé, avait fait savoir que le journal a toujours eu des employés nommés. En ce sens, le Conseil nous avait promis d'entreprendre des démarches en vue de notre nomination, mais à défaut, on va nous donner un contrat et nous payer les trois premiers mois de l’exercice fiscal, soit octobre, novembre et décembre, a rapporté ces journalistes qui disent jusque-là attendre encore ces contrats.
Pour faire suite aux engagements pris à la réunion, le Conseil, selon ce que nous rapportent les journalistes, avait écrit au Premier ministre et ministre de la Culture et de la Communication d’alors, Jean Michel Lapin en date du 6 janvier 2020. Le 10 janvier 2020, M. Lapin a répondu dans une lettre dans laquelle il a fait savoir « que le Journal l’Union n’a pas encore de budget et ne peut pas continuer à fonctionner dans cette situation irrégulière. Aussi bien, l’ancien Premier ministre avait indiqué que le ministère avait pris acte des recommandations et continue à travailler avec le ministère de l’Économie et des Finances afin de doter le journal d’État des crédits budgétaires nécessaires à son fonctionnement.
Pour donner suite à leur démarche, les journalistes ont expliqué avoir écrit au nouveau ministre de la Culture et de la Communication Pradel Henriquez sur la question. « Le ministre Pradel avait eu une rencontre avec nous, il entreprend les démarches auprès de la Primature, du ministère des Finances pour trouver des fonds pour nous payer nos arriérés », ont-ils précisé, se disant étonnés que des semaines plus tard que rien n’est encore fait.
Contacté à ce sujet, ce mercredi 27 mai, le nouveau ministre de la Culture et de la Communication, Pradel Henriquez a informé que le dossier en cours."La prise en charge de ce dossier est prévue au budget 2020-2021 parce que le journal L'Union n'émarge pas encore au budget de la République. Pour y donner suite, il faudrait un budget rectificatif et pouvoir régulariser la situation une fois pour toutes tant au niveau des dettes qu'à celui de la production du journal lui-même", a expliqué le ministre de la Culture et de la Communication.
Jean Michel Lapin, contacté par le National le mardi 26 mai dans l'après-midi, dit n’avoir rien à se reprocher dans cette affaire. « J’avais pris ma responsabilité d’arrêter le journal puisqu’il ne travaille pas ». Plus loin, il a expliqué que le journal l’Union a couté à l’État haïtien 55 millions de gourdes en trois ans d’existence pour seulement deux numéros publiés. Selon l’ancien Premier ministre, l’État ne peut continuer à dépenser pour des services non offerts. Une institution qui n’a pas de budget ne peut continuer à fonctionner, a-t-il fait remarquer faisant allusion au journal l’Union.
Réagissant sur la cagnotte de 55 millions de gourdes dépensées pour produire deux numéros de journal, les journalistes ont précisé qu'ils ne sont pas responsables puisqu'ils n’ont pas le rôle de comptable ou d’ordonnateur. Ils renvoient la balle dans le camp de Jean Michel Lapin, à qui il revenait la responsabilité de faire fonctionner le journal comme ministre de tutelle. Ils disent ne pas vouloir payer les inconséquences de M. Lapin qui n'a pas su prendre les bonnes dispositions pour le fonctionnement minimal du journal de l'État.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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