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Corruption en Haïti: une cellule de vigilance voit le jour

Corruption en Haïti: une cellule de vigilance voit le jour

Plusieurs personnalités de la société civile se sont réunies pour lancer une initiative visant à combattre le fléau de la corruption qui gangrène le pays par un réveil des consciences. Ainsi est créée l'Initiative de vigilance et de solidarité citoyenne et sa « Cellule de vigilance ».

Les objectifs ont le mérite d’être clairs et précis: « plaider et défendre pour une gestion transparente et efficace de tous les fonds dédiés à intervenir dans la crise de la Covid-19 ; activer un mécanisme de rendre transparentes les actions, mesures et décisions afin que la population puisse connaitre, comprendre et défendre ses intérêts dans la gestion de la pandémie; développer un mécanisme pour présenter aux citoyens la trajectoire des fonds reçus, leurs provenances, les cadres légaux jusque l'aboutissement du projet pour lequel ils étaient dédiés. Les initiateurs visent aussi à trouver une participation active de la population ainsi que celle des bénéficiaires des actions issues de la crise pour mieux contrôler le processus de prise en charge et les réponses qu'ils comptent apporter à la propagation de la pandémie; recueillir, traiter puis vulgariser toutes les informations nécessaires à mettre à la connaissance de la communauté ».

Cette initiative est peut-être nouvelle, mais, à en croire un des membres de la cellule, Velina Charlier, elle est prometteuse. Elle n'est pas un projet tombé du ciel, mais le fruit d'une longue observation des faits de corruption, d'une absence volontaire de reddition démocratique des comptes et de la pérennisation de l'impunité dans le pays. Cette initiative se réfère aux gestions catastrophiques de fonds d'urgence en Haïti; de l’affaire Pétrocaribe; de la précarité accélérée du pays et ; de la diminution des ressources du pays et les dangers imminents se rapportant à la faiblesse du pays du point de vue économique, écologique, entre autres.

Cette cellule, précise le document, et confirmé par Mme Charlier, a de grandes ambitions. Et c'est en ce sens qu'elle construit un plan d'action en plusieurs étapes (sept au total) pour satisfaire ses objectifs. Entre autres méthodologies envisagées, la cellule compte: dégager un canal de collaboration avec toutes les institutions, organisations et agences ayant un rolle ou gérant des ressources à un niveau ou à un autre durant cette période de crise; analyser la responsabilité de nos institutions dans la validation du mécanisme de décaissement et de gestion des fonds (...).

L’Initiative axe son plan sur trois principes de base pour éviter de faire les frais d'un système prêt à tout. Ainsi, a-t-elle envisagé comme bouclier: d'attirer, de rassembler, et de mobiliser autant de citoyens possibles afin de s'approprier de la bataille; d’utiliser leurs expériences et le pouvoir reçu des lois haïtiennes pour approcher les instances concernées et finalement de développer une ceinture citoyenne pour la tenue de plaidoiries actives afin de pousser les dirigeants à s'assumer et communiquer les informations nécessaires à la communauté.

Par ailleurs, Mme Charlier informe que la cellule est déjà à pied d'oeuvre. Le document devant présenter les marches à suivre est en cours de préparation fait-elle savoir ajoutant que, concernant la provenance des fonds, la cellule y travaille. « Nous avons déjà entamé avec l'exercice de contrôle sur la trajectoire des fonds », nous a-t-elle confié en exclusivité. Comme perspective, Mme Charlier soutient que pour l'heure, la cellule est à une phase de faire comprendre à la population la pertinence de ce qu'elle veut faire, et, du coup, rassembler plus de volontaires possibles. Durant les semaines qui vont suivre, les institutions concernées seront contactées et seront aussi démarrés les analyses et positionnements sur le processus de gestion de la Covid-19.

Critiquant la gestion douteuse de l'État de la crise de la Covid-19, Mme Charlier inscrit aussi la bataille de la cellule dans le processus de mettre la pression sur la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) afin de finaliser le rapport, émettre les arrêts de débet et ensuite permettre que la justice fasse lumière sur ce vaste gaspillage de fonds publics. Soulignons dans la foulée que le 31 mai 2019, la CSC/CA avait remis la deuxième tranche du rapport au président d'alors de l'Assemblée nationale, Carl Murat Cantave qui a, pour l'histoire, enfermé ce rapport dans les tiroirs du Sénat.

Daniel Sévère

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