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Gonaïves : l'hôpital la Providence ne se porte pas bien

Gonaïves : l'hôpital la Providence ne se porte pas bien

L'hôpital la Providence des Gonaïves, considéré depuis sa reconstruction comme le plus grand centre hospitalier su département, fait face depuis à quelques à des problèmes structurels et organisationnels qui frôlent la catastrophe. Longtemps pointée du doigt pour des services inadéquats, l'administration de l'hôpital ne semble pas tirer des leçons des événements qui lui ont valu la fameuse étiquette d’« éléphant blanc du Canada en Haïti » collée par un journaliste canadien.

Récemment plongé dans le scandale de vol de panneaux solaires, jusqu'à présent non élucidé, l'hôpital la Providence se retrouve à nouveau au cœur d'une nouveau scandale. Et cette fois, c'est delà mauvaise qualité de services qu'il s'agit. Ce fléau qui gangrène tout le système dans l'indifférence la plus totale.

Structure imposante, l'hôpital la Providence présente une belle allure. L'entrée de la salle de réception (accueil) est équipée d'un matériel sophistiqué pour enregistrer les entrées en poste de tous les employés. Ce qui laisse croire que l'administration de l'hôpital a un quelconque contrôle sur la présence des personnels de santé sur leur lieu de travail. Bien au contraire l'absence presque répétée des spécialistes dans les services des urgences est monnaie courante.

Lors d’une visite réalisée la semaine dernière, Le National a rencontré quelques proches des patients internés dans les urgences pour la plupart depuis plusieurs mois. Nous avons rencontré un jeune garçon qui a été percuté par le cortège du président sur route d'Anse-Rouge. Après plusieurs mois passés à l'hôpital, il a été retenu par les responsables pour des frais impayés. Il a dû s’acquitter de 10 000 gourdes pour pouvoir laisser l'hôpital la semaine dernière.

« J'ai eu un accident. Les médecins ont diagnostiqué des os brisés au niveau de la hanche. Cela fait deux mois depuis que je suis là. Malgré tout, je ne me suis pas encore opéré », a déclaré un patient.

Un autre patient dont son cas nécessite une intervention chirurgicale d'urgence n'a reçu qu'une seule visite de médecin pendant plus de 22 jours d'hospitalisation. Les analyses demandées par le chirurgien pour le patient sont prêtes depuis deux semaines. Mais depuis, aucun autre médecin ne s’est présenté.

« Il y a une forme de corruption qui règne dans le service. Pour tout contrôle, certaines infirmières réclament 150 gourdes sans donner des fiches attestant le paiement. Dieu seul sait si ces informations sont ajoutées au dossier », a commenté un parent qui requiert lui aussi l'anonymat.

« Si quelqu'un n'a pas d'argent, il ne peut venir ici, a affirmé un autre parent de malade. On doit tout acheter, même une seringue. Le pire est que la pharmacie de l'hôpital n'est pas fonctionnelle. En plus, les pharmacies externes, dans le voisinage de l’hôpital, pratiquent le marché noir. Par exemple, il y a une dame qui a acheté un médicament à 500 gourdes alors que ce même médicament coûte moins de 300 gourdes au Centre-ville. J'ai vu souffrir plusieurs patients parce qu'ils n'ont pas les moyens pour exécuter les prescriptions. Les infirmières quant à elles, elles sont là et elles font ce qu'elles peuvent. Mais très souvent les patients n'arrivent pas à exécuter les prescriptions qui rend la prise en charge un peu difficile », a fait remarquer un autre parent qui en a profité pour critiquer la gestion de l'espace, dans l'ensemble.

Intervenant la semaine dernière à l'émission radiographie, l'actuel directeur de l'hôpital Dr E. Joseph avait pourtant fait savoir que l'hôpital s'efforce à remplir sa mission dans la communauté. Mais pour le moment, la situation reste très préoccupante.

Lesly Succès

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