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La classe politique reste accrochée à l’exécutif bicéphale

La classe politique reste accrochée à l’exécutif bicéphale

La réalité politique ne donne pas l’impression qu’il y aura un président avant les prochaines élections. Mais les forces politiques en présence croient qu’en dépit de cette situation exceptionnelle, marquée par l’assassinat du président Jovenel Moise, il faut rester dans le cadre juridique et administratif de la République.

Pas de remplaçant pour Jovenel Moise plus de deux semaines après son assassinat. Un nouveau gouvernement a été constitué, avec comme Premier ministre Ariel Henry, mais la chaise présidentielle est encore vide. Beaucoup de prétendants, dont des juges à la Cour de cassation, le président du tiers du Sénat, mais aucune garantie constitutionnelle. Face à cette situation exceptionnelle, selon la classe politique, il faut une réponse exceptionnelle. En ce sens, les partis signataires de l’entente nationale invitent le Premier ministre Ariel Henry à la table du dialogue en vue de clarifier cette situation.

Dans une note de presse, ces structures politiques affirment qu’en acceptant de signer le protocole d’entente après la mort du président Jovenel Moise, elles se sont données pour objectif de combler le vide institutionnel créé par l’assassinat de l’ex-président Jovenel Moise, et rechercher un consensus suffisant dans le cadre d’un accord politique entre les différents acteurs en vue de créer les conditions acceptables devant garantir la tenue d’élections libres, honnêtes, démocratiques et transparentes, dans les meilleurs délais.

Le Premier ministre Henry occupe la Primature. Mais la classe politique cherche à trouver un consensus qui doit déboucher sur le choix d’un nouveau président. Selon eux, dans le cadre juridique et administratif de la République, il est fondamental de constituer un Pouvoir exécutif bicéphale. Les signataires de l’entente disent qu’ils tiennent compte de l’application partielle des éléments convenus dans ledit protocole et de l’évolution boiteuse de la conjoncture. En ce sens, ils tirent la sonnette d’alarme et réitérèrent leur attachement au « Protocole d’entente nationale » adopté par beaucoup de secteurs importants de la vie nationale.

Pourvu que la situation dans laquelle se trouve le pays soit exceptionnelle, la classe politique exige l’adoption d’une solution exceptionnelle. Ce qui sous-entend, une décision extraconstitutionnelle. Pour les signataires, ce cas d’espèce, tel qu’imposé par la conjoncture, n’est pas prévu par la charte fondamentale. Il constitue un défi auquel la société doit faire face, disent-ils. « Tout parti politique, toute organisation civile ou politique doit avoir la capacité de proposer, de décider sur une base consensuelle, institutionnelle en vue de sortir le vaisseau dans la tempête », selon ces partis politiques qui refusent d’accepter une transition sans président.

Les signataires du protocole d’entente se sont donné pour référence la Constitution de 1987 relatifs au fonctionnement du Pouvoir exécutif pour exiger l’installation d’un président provisoire. Ils encouragent le Premier ministre, Ariel Henry à engager un processus de dialogue politique aux fins d’adopter un agenda consensuel pour la période transitoire avec différents secteurs représentatifs de la vie nationale. Les signataires de la présente, déclarent-ils, font le constat qu’aucun signal clair n’est envoyé pour montrer que le PM serait déterminé à exercer un pareil leadership. Pour eux, cette grande affection pour le statu quo signifie que M. Henry a fait le choix d’alimenter davantage le chaos, pour se conforter dans la voie de la continuité et certainement de l’instabilité entretenue par l’ancien président Jovenel Moise.

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