La confiance du RNDDH dans le travail du juge Gary Orélien et du greffier Élysée Cadet s’est effritée
Les confusions autour de l’enquête de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse persistent après 6 mois. Un rapport dressé par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) indique que l’ancien directeur a.i de la PNH, Léon Charles, a été en contact avec l'un des principaux suspects dans l’assassinat de Jovenel Moïse, Joseph Felix Badio. Conjointement le RNDDH se dit inquiet par rapport à l'avancement de l’enquête au niveau de la Direction centrale de la Police judiciaire et la passivité du magistrat instructeur Gary Orélien et du greffier Élysée Cadet.
De janvier à juillet 2021, le Premier ministre Ariel Henry, Léon Charles, Marie Jude Dragon, John Joël Joseph, Christian Emmanuel Sanon, James Solages, Wendel Coq Thelot sont les personnes qui se sont entretenues avec Joseph Felix Badio, le suspect numéro un dans la préparation et la perpétration de l’assassinat de Jovenel Moïse, selon le rapport publié par le Réseau national de défense des droits humains le 6 janvier 2022, mentionnant qu' il y a eu un maximum d'appels téléphoniques croisés et enregistrés entre eux.
Quant à l’ancien directeur général a.i. de la PNH Léon Charles, lorsqu'il était encore à la tête de l’institution policière, il exigeait qu’un rapport d’avancement de l’enquête lui soit acheminé chaque jour par la DCPJ. Ainsi, il restait informé de la situation de toutes les personnes auditionnées et/ou arrêtées, des perquisitions qui avaient été réalisées ainsi que des téléphones dont les appels avaient été analysés. De plus, en septembre 2021, les enquêteurs qui avaient travaillé sur l’enquête ont été convoqués par l’Inspection générale de la PNH qui leur avait posé des questions spécifiques relatives à leur travail, dans l’objectif évident de les intimider. Ces comportements constituaient en fait des actes de blocage, notamment lorsqu’on se rappelle que Léon Charles était lui-même en contact avec Joseph Félix Badio. Pourtant, même après le départ de l’ancien directeur a.i. Léon Charles, l’enquête n’a pas repris au niveau de la DCPJ. Ceci laisse supposer que l’ordre d’y statuer émane d’autorités plus haut placées », lit-on dans le rapport, ce que Léon Charles dément complètement. À en croire l'ex-DG a.i de la PNH ce sont des allégations fausses. Il a tenu à souligner qu'il n'a jamais repris contact avec Joseph Felix Badio. « Je n'ai pas hésité à répondre à l'invitation du juge instructeur dans le cadre de l’instruction et demeurer à tout moment à la disposition de l'institution judiciaire, seule instance chargée d'élucider les tenants et aboutissants du crime », peut-on lire dans la note de démenti de Léon Charles, soulignant ne pas vouloir engager des polémiques avec des organes qui se dressent en juridictions parallèles, mais qu'il veut collaborer avec les instances légales reconnues par les lois haïtiennes.
D'un autre côté, le RNDDH dénonce dans son rapport l’instruction judiciaire menée par le magistrat Garry Orelien qui patauge encore. Suivant cet organisme, seuls quelques rares auditions et un transport sur les lieux du crime à grand renfort de publicité, ont été réalisés. « Il ne s’agit pas d’une surprise dans la mesure où, dès sa désignation, les capacités du magistrat instructeur à mener à bien une telle enquête avaient été remises en question. Le magistrat, par conséquent, aurait dû se rendre compte de la complexité d’un tel dossier et octroyer commission rogatoire à la DCPJ pour approfondir ses investigations et fournir, à la chambre criminelle, d’autres éléments cruciaux qui auraient pu aider à la manifestation de la vérité. Cependant, ceci n’a pas été fait. Par ailleurs, au lieu de mener l’enquête pour laquelle il a été désigné, le magistrat Garry Orelien et son greffier Élysée Cadet intimident et menacent des personnes indexées dans ce dossier pour avoir à un moment ou à un autre entretenu un lien, aussi ténu qu’il fût, avec les assassins de Jovenel Moise », a déclaré Marie Rosie Ducénat du Réseau national de défense des droits humains, exhortant les autorités policières judiciaires à mener une enquête impartiale, auditionner tous ceux et toutes celles qui pourraient avoir un lien avec les personnes indexées dans cet assassinat et étendre leurs investigations aux institutions bancaires, dans le but de trouver les informations susceptibles d’aider à la manifestation de la vérité et à l’identification de tous les auteurs intellectuels et matériels de ce crime.
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