La CHAR propose une réouverture précautionneuse des écoles
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Suite aux scénarios envisagés par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) relatifs à une éventuelle réouverture des classes, la Coordination générale de la Confédération des Haïtiens pour la réconciliation (CHAR) propose quelques pistes pour une réouverture sûre des écoles et des universités. Selon le coordonnateur général, Amary Joseph Noël, celle-ci doit être arrimée à nos besoins et tenir compte de nos faibles moyens.
« Le 7 avril 2020 déjà, la Coordination générale de la Confédération des Haïtiens pour la réconciliation (CHAR) avait suggéré de mettre l’emphase sur le cache-nez comme outil principal de protection contre la Covid-19. Nous recommandions, alors, des pénalités de contravention pour ceux qui ne respecteraient pas l’imposition (mesure qui est appliquée nationalement aujourd’hui). Dans la même mouture, nous avions demandé aux citoyens de se tourner vers l’agriculture pour contrer la famine qui va sévir dans tout le pays à l’effacement de la Covid-19: « Pas une pouce de terrain sans une plante qui donne des fruits! »
Après mûres et patientes analyses, voici, aujourd’hui, les comportements à prescrire pour bien mener la guerre contre la pandémie et continuer d’écarter Haïti des affres du désastre annoncé:
1e) Éviter d’appliquer sans désemparer des mesures imposées ou en vogue dans les pays développés. Ceci suggère que les décideurs, au plus haut niveau, agissent en établissant une différence claire entre le milieu urbain et le milieu rural
2e) il est édifiant de constater que les dispositions de confinement prises jusqu’à date n’ont été passablement respectées que par les couches aisées ou cultivées de la communauté nationale. Le gros peuple a continué à évoluer dans son patron de comportement de toujours sans coup férir. L’hécatombe annoncée n’a pas encore été effective! Nous croisons les doigts pour que la pléthore de morts prévus ne se matérialise pas dans la glaise du réel. Jusqu’au 23 mai 2020, Haïti n’a compté que 958 cas confirmés, 28 décès et 22 guérisons. Un risque plus grand, à notre avis, est la fermeture des écoles sans pouvoir présager une date même estimative de réouverture. Sous un autre angle, certaines factories ont été rouvertes et les mauvaises nouvelles à ce niveau ne font pas partie du décor jusqu’à date.
Rien n’empêche, donc, une réouverture précautionneuse et adaptée des classes. Les écoles dotées de grands espaces devraient pouvoir donner l’enseignement sous des tentes ou sous des arbres, dans des sous-bois (Les expériences post séisme 2010 peuvent aider).Une équipe d’inspecteurs devrait prendre en charge l’octroi d’autorisation expresse après constat. La norme de 49 mètres carrés par salle de classe pourra être multipliée par deux ou trois et les effectifs conservés inaltérés. La distance sociale imposée est l’une des barrières indispensables pour contrer la Covid-19. Un gros manguier ou un amandier, par exemple, offre plus de mètres carrés d’ombre qu’une salle de classe. Tous les élèves devraient compter dans leur bagage scolaire un pardessus pour se protéger des pluies éventuelles. Le mot d’ordre serait que les classes soient renvoyées dès qu’il y a menace de pluies.
Dans le trafic pédagogique de l’Haïti post Covid-19, l’emphase devra être mise sur les matières de base ou les matières scientifiques. Les disciplines théoriques seront exposées via format conférence. Ce qui permettra aux centres d’enseignement de ne s’en tenir qu’à l’essentiel. L’objectif stratégique est d’orienter les écoles à couvrir 2 ans en une année
3o) Le secteur scolaire devrait être abordé en prenant en compte la dimension de l’établissement, la disponibilité de grands espaces ou de sous-bois en quantité pour faciliter un apprentissage dans le strict respect des normes et des rythmes scolaires habituels. La plupart de nos lycées disposent d’espaces suffisants pour retourner à la dynamique des tentes primée après le désastreux tremblement de terre de 2010. Une quantité respectable d’écoles privées répond à cet impératif ou dispose d’une bonne superficie. Les classes pourront se tenir sous des arbres, dans des sous-bois. Nous proposons que le confinement qui n’a jamais été le fait d’Haïti soit totalement mis de côté. À notre point de vue, un contrôle des portes d’entrée du virus (œil-nez-bouche), le lavage des mains, l’élimination des gestes affectifs et le respect des normes de distanciation sociale suffisent amplement pour barrer l’accès à la pandémie.
4e) Il nous paraît dangereux pour la survie de la nation de stopper toute activité productive. Tous les centres de production doivent revivre ! Le manque de ressources économiques et de survie entraînera un chaos total dans le pays
5o) Dans le cas des établissements scolaires disposant de peu d’espace, il faudrait recourir à la diminution des effectifs des classes, aux pratiques de double vacation pour une même classe et la mise à contribution de rues adjacentes, si elles ne sont pas très utilisées par les véhicules. L’important, c’est de passer vivant le « pont Covid-19» ! Mieux vaut sauver ce qu’on peut sauver au lieu de se croiser les bras et laisser périr tout le monde ou immoler la nation entière !
Professeur Amary Joseph Noël,
coordonnateur général de la Coordination nationale de la société civile haïtienne (CONASCH), coordonnateur général de la confédération des Haïtiens pour la réconciliation (CHAR), encadreur principal du Groupe de réflexion sur la sécurité et la défense nationale (GRSDN), 25 mai 2020, Croix des Bouquets, Haïti.
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