Assassinat de Georges Floyd : le collectif Nou p ap domi interpelle les dirigeants américains
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Dans une correspondance adressée à la représentante des États-Unis en Haïti, Michelle Sison, le 13 juin 2020, le collectif Nou p ap dòmi » exprime son indignation et sa consternation face à la mort tragique de l'Afro-Américain Georges Floyd à Minneapolis le 25 mai dernier. Le collectif dénonce la pérennisation des pratiques racistes aux USA rappelant à la diplomate la somptueuse bataille haïtienne pour abolir ces pratiques odieuses.
Haïti, nation emblématique dans la lutte des Noirs, ne s'est pas positionnée officiellement sur ce meurtre odieux qui a occasionné des mobilisations monstres un peu partout dans le monde. Combattant pour l'égalité sociale, le respect de la vie et de la dignité humaine, le collectif Nou p ap dòmi vient de rompre ce silence complice pour interpeller la représentante des USA en Haïti, Michelle Sison, sur le caractère raciste de cet acte, l'indignation de la première république nègre indépendante du continent et la violation des principes démocratiques dans les manifestations entre autres.
« Ce meurtre, comme beaucoup d'autres, est l'expression d'un problème de racisme systémique auquel sont confronté.e.s les Noir.e.s aux États-Unis. Madame l'ambassadeure, vous comprendrez à quel point, en tant que fils et filles de la première
nation noire libre des Amériques, nous sommes profondément indignés.e.s par cette situation. Il est inacceptable qu'au XXIe siècle, et après plus de 216 ans depuis qu'Haïti a posé les bases de la liberté et de la dignité du peuple noir dans le monde, les Noir.e.s américain.e.s continuent à être confronté.e.s aux violences et discriminations résultant du racisme et de l'injustice sociale qui font rage dans leur pays. Cette situation où la population noire est trop souvent victime d’assassinats de la part de la Police aux États-Unis d’Amérique nous interpelle. Être Noir.e et victime d’injustice sociale semble aller
de pair », lit-on dans la correspondance.
Au regard de l'objectif du collectif, les signataires ont pris le soin d'indiquer pourquoi, ils ont décidé de ne pas rester indéfiniment silencieux. Selon l'intention de la lettre, ce serait éthiquement mauvais. Autrement dit, ce serait un crime contre l'humanité s'ils cautionnaient par le silence cet acte barbare et affreux. Ainsi, précisent-ils : « Notre bataille s’inscrit dans une perspective mondiale de changement de système où l’être humain, indépendamment de sa couleur de peau, est placé au cœur des préoccupations des gouvernements. Fort.e.s de ces idéaux humanistes que nous avons hérités de nos ancêtres, nous ne saurions rester indifférent.e.s et nous taire devant le meurtre atroce de George Floyd dont les images ont tourné en boucle dans les médias
et sur les réseaux sociaux et qui rappellent dangereusement les pratiques du Klu Klux Klang et des suprémacistes blancs que nous croyons honnis ».
Le collectif, en a profité pour rappeler la diplomate américaine que la démocratie est un exercice d'un apprentissage continu et que les brutalités policières pour contrer les mobilisations anti-racistes sont en contradiction avec les acquis démocratiques. « Madame l’ambassadeure, permettez-nous de rappeler aux dirigeant.e.s américain.e.s que la démocratie est un exercice d’apprentissage interminable qui demande d’être constamment à l’écoute de son peuple et de sa quête incessante d’émancipation, d’égalité, d’équité et de justice. Les temps sont venus pour que les États comprennent qu’il leur faut apprendre les leçons de démocratie longuement enseignées par les peuples. Combien faudrait-il encore compter de cadavres pour que les gouvernements comprennent qu’ils ne sauraient rester encore longtemps enfermés dans ce modèle politique où sont exclus les groupes identitaires qui, pourtant, portent tout le poids de l’économie moderne? », questionne Nou p ap dòmi tout en encourageant les autorités américaines à se montrer à la hauteur des circonstances historiques afin d'agir conformément aux principes et aux valeurs d'équité, d'inclusion et de justice sociale constituant le fondement de la démocratie.
Plus loin, le collectif se dit solidaire du peuple américain dans son combat précisant, en conclusion, que la vie des Noirs est aussi importante. « La vie des Noir.e.s compte. #BlackLivesMatter. »
Daniel Sévère
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