Haïti : les trois quarts de la population carcérale sont en détention préventive prolongée, selon l’OPC
Alors que les magistrats continuent avec leur grève pour de meilleures conditions de travail, la population carcérale estimée à « plus de 10 700 personnes », semble être les grandes victimes de cette décision prise en pleine période de la Covid-19. À en croire l’Office de la protection du Citoyen (OPC) qui se dit être préoccupé par la situation, 75 % de la population carcérale est détention préventive prolongée. En ce sens, l’OPC invite les parties prenantes à trouver une solution rapide.
En plus de la crise sanitaire provoquée par la Covid-19, le Gouvernement haïtien se retrouve confronté face à l’arrêt général de travail des magistrats du système judiciaire. En dépit d’une rencontre des magistrats avec l’Exécutif qui n’a pu avoir lieu en raison de l’absence du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSJP), les magistrats ont renouvelé leurs mots d’ordre de grève ce jeudi 18 juin 2020.
L’une des grandes victimes de cet arrêt de travail est la population carcérale. Dans une note de presse de ce 18 juin, l’Office de la protection du citoyen (OPC) a indiqué que cette population est estimée à plus de 10 700 personnes. Selon l’OPC qui indique être préoccupée par l’arrêt de travail des magistrats, trois quarts (75%) de la population carcérale sont détention préventive prolongée.
L’institution nationale de promotion et de protection des droits humains a rappelé d’une part que dans le contexte de la propagation de la Covid-19, « les mauvaises conditions des détenus peuvent ouvrir la voie à une catastrophe humanitaire ». Et d’autre part, Michelle Bachelet, haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme», a exhorté les états membres à prendre des mesures urgentes et exceptionnelles afin de protéger la santé et la sécurité des personnes en détention ».
Pour l’OPC cet arrêt de travail lancé par les magistrats pour de meilleures conditions de travail, du renouvellement des mandats des juges des tribunaux de première instance et ceux des cours d’appel, du transfert de compétences du personnel au CSPJ, « vient aggraver davantage les conditions de détention déjà précaire et ravit également les justiciables de leurs droits d’ester en justice ».
Par ailleurs, l’OPC plaide pour que les parties prenantes trouvent rapidement une solution pacifique et négociée à la crise en engageant des discussions.
Faut-il signaler, pas moins d’une dizaine de cas de Covid-19 ont été déjà recensés au Pénitencier national.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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