Répression et harcèlement sexuel: le calvaire des ouvriers du parc industriel de Caracol
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La Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA) dénonce et condamne les actes de répression dont font l'objet les ouvriers des usines du parc industriel de Caracol, particulièrement ceux travaillant pour le S&H Global. Selon Dominique Saint Éloi, au terme d'une visite des lieux dans le Nord-Est, les ouvriers sont victimes d'agressions sexuelles et de torture corporelle. La discrimination syndicale est aussi une infraction importante observée à l'intérieur de cette usine, reproche le syndicaliste qui soutient avoir saisi les instances internationales et le ministère des Affaires sociales et du Travail ( MAST).
Dominique Saint-Éloi voulait voir de ses propres yeux. C'est ainsi qu'il s'était rendu sur les lieux pour observer, pendre les doléances des ouvriers de l'usine S&H Global. Au terme de la visite, le syndicaliste dit obtenir des preuves palpables que les responsables de l'usine abusent sexuellement des femmes qui y travaillent. Indépendamment de leur volonté, elles sont touchées, menacées de révocation, entre autres, si elles refusent de satisfaire sexuellement certains cadres de l'entreprise incluant des responsables de l'usine.
Révolté par la situation, M. Saint-Éloi dénonce sévèrement la complicité de l'État central qui ne fait rien pour rectifier le tir. Le syndicaliste est scandalisé de voir l'indifférence et l'insensibilité des responsables du ministère des Affaires sociales et du Travail, qui sont pourtant des femmes. Le CNOHA , dit Dominique Saint-Éloi, peine à comprendre comment en 2020 malgré les interdictions de la loi Hope que des chefs d'usines continuent d'afficher de tels comportements. Le syndicaliste, par ailleurs, informe avoir écrit au MAST, à l'usine en question et aux bailleurs de fonds tout en espérant que ce dossier arrivera au département du Commerce américain.
Selon le syndicaliste, il est inconcevable que ce crime soit resté impuni. Malgré qu'elles souffrent en cachette pour protéger leur travail, la CNOHA, à travers son coordonnateur national, prend l'engagement de tout faire afin que les bourreaux soient jugés et condamnés et les victimes, de leur côté, dédommagées. Il se réjouit parallèlement d'avoir contribué à permettre que des victimes aient reçu des dédommagements des suites de harcèlement.
La répression et la discrimination syndicale, une stratégie très en vogue à S&H Global
Il n'y a pas que le harcèlement sexuel qui a soulevé la colère du syndicaliste. Il est tout aussi révolté par la répression et la discrimination syndicale. C'est en ce sens qu'il a dénoncé les actes d'intimidation dont font l'objet les membres du Respect des ouvriers haïtiens de la manufacture (ROHAM). « Ils sont victimes d'écart de langage, d'agressions physiques, de menaces de mort », confie-t-il.
Au niveau de cette usine, le droit syndical n'est pas toujours garanti, selon Saint-Éloi. De façon ouverte, aucun ouvrier ne peut pas faire partie d'une organisation syndicale, regrette le syndicaliste. « Pour des raisons dont nous ignorons, les chefs de l'usine se montrent sympathiques avec certaines autres organisations syndicales », martèle M. Saint-Éloi.
Plus loin, il dénonce les pratiques de gestion du personnel. « En cas de plainte contre un supérieur, l'ouvrier obtient une lettre de suspension, de blâme ou de révocation. Ces patrons sont de véritables corrompus et font la chasse aux membres du ROHAM parce qu'ils refusent de se laisser soudoyer », laisse-t-il entendre informant du refus du CNOHA de parapher la convention collective sans la discuter au préalable.
Daniel Sévère
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