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Elections en Haïti: le secteur démocratique et populaire livre ses exigences

Elections en Haïti: le secteur démocratique et populaire livre ses exigences

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Alors que tout laisse croire que le chef de l'État veut dorénavant mettre le cap sur la réalisation des élections afin de renouveler le personnel politique haïtien, le secteur démocratique et populaire, ferme sur sa position, expose ses exigences. L'instauration d'un gouvernement de transition, le démantèlement des groupes armés et une nouvelle constitution sont parmi les préalables de l'opposition radicale.

André Michel, au risque de trop se répéter, indique que le secteur démocratique n'a pas l'intention de revoir ses positions. « Jamais nous n'allons trahir ce que nous croyons. Il n'y aura pas d'élection dans le pays pas avant qu'on réalise la transition. On doit juger les dilapidateurs du fonds Petrocaribe et ceux suspectés de tous les autres crimes civils et financiers, réaliser la conférence nationale souveraine, doter le pays d'une nouvelle constitution, procéder au démantèlement des civils armés, entre autres », préconise le responsable politique. Il a profité pour rappeler que les civils armés travaillent pour le pouvoir.

Selon les opposants, la situation d'insécurité, qui va en grandissant dans le pays, est une planification des hommes au pouvoir pour neutraliser les quartiers populeux qui supportent la logique de démission sans condition de Jovenel Moise. C’est une stratégie de l'Exécutif pour orienter les votes des quartiers populaires vers les candidats du pouvoir. « Ils y instaurent la terreur pour paniquer et intimider la population afin de voler les élections à nouveau. Peine perdue, avec Jovenel Moise, les élections ne sont pas possibles », soutient le porte-parole du secteur.

À l'heure où l'Exécutif met les bouchées doubles pour planifier les nouvelles élections, le secteur démocratique et populaire veut montrer ses muscles. André Michel affirme que l'opposition comprend le jeu et, par conséquent, exige la neutralisation des mains armées au service du pouvoir. « Nous ne sommes pas dans un processus électoral. Nous sommes plutôt dans l'application stricte de l'article 134-2 de la Constitution », précise l'ancien candidat au sénat pour le département de l'Ouest.

Rappelons que des rapports sur le massacre de La Saline en novembre 2018 ont terni l'image de l'Exécutif. Des personnalités épinglées dans les rapports entament depuis quelques jours une caravane dans les quartiers de non-droit pour, disent-elles, engager des discussions en faveur de la paix. Regroupées dans une nouvelle structure baptisée de « G9 an fanmi et alliés », ces personnalités se sont placées sous les feux des projecteurs. Situation qui préoccupe les organismes des droits de l'homme qui pointent du doigt l'État haïtien accusé d’entretenir des relations étroites avec ces civils armés.

Daniel Sévère

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