Transition post-Jovenel : toujours pas d’accord au sein de la classe politique
Plus de trois semaines après l’assassinat du président Jovenel Moise, la classe politique peine encore à trouver une solution. Ils n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur une proposition de sortie de crise unique.
Alors que la classe politique peine à trouver un accord, Ariel Henry et son équipe ont les coudées franches pour prendre toutes les initiatives dans le pays. En absence d’un président, et supporté pleinement par la communauté internationale, l’actuel Premier ministre a les coudées franches pour agir en tant qu’un chef d’État. Durant le week-end, le Premier ministre Ariel Henry a présidé une réunion de travail avec les membres de son cabinet et le corps diplomatique.
Encore une fois, Dr Ariel Henry renouvelle sa volonté à travailler pour l’instauration d’un environnement sécuritaire propice au bon fonctionnement des institutions et à la tenue d’élections libres, honnêtes, transparentes et démocratiques. Il a donné à la communauté internationale, l’assurance qu’il va poursuivre et multiplier les rencontres avec les forces vives de la nation afin de garantir une gouvernance apaisée.
Dr Ariel Henry annonce qu’il va discuter avec des représentants de la société civile, du secteur religieux, du monde des affaires, des partis politiques, dans la perspective de trouver un consensus très large, afin de combler, dans un court délai, les attentes des couches les plus vulnérables. Il dit vouloir prendre des mesures de redressement économique, combattre l’impunité, la corruption, et poursuivre les grands chantiers en cours.
De leur côté, les diplomates accrédités en Haïti donnent la garantie d’une poursuite harmonieuse des relations diplomatiques entre Haïti et ses amis. Les dirigeants ont échangé sur certains programmes de coopération qui devraient toucher les jeunes en particulier, et beaucoup d’autres projets de soutien qui visent à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables en Haïti.
Pendant ce temps, la classe politique, qu’Ariel Henry se prépare à rencontrer, affiche son désaccord sur la façon dont la réalité politique se déroule. Les partis politiques digèrent mal qu’Ariel Henry accepte d’intégrer un exécutif avec seulement un Premier ministre alors que la Constitution exige qu’il soit bicéphale (un président et un Premier ministre). Depuis la consécration du Dr Henry, l’entente nationale a été rompue.
Les partis et structures politiques signataires du Protocole d’entente nationale, dont AAA, DIRPOD, FUSION, etc. ont abandonnés le navire. Dans le protocole d’entente, il était question de Joseph Lambert et d’Ariel Henry comme dirigeants d’Haïti pour les 6 prochains mois. Ariel Henry a été installé comme nouveau Premier ministre depuis le 20 juillet dernier. Mais pour le cas de Joseph Lambert, les discussions se poursuivent encore.
Cette situation rend peu confortables les partis politiques qui ont signé ce protocole d’accord. Ainsi, ils ont décidé de retirer leur soutien à Ariel Henry et exigent la mise en place d’un exécutif bicéphale. S’il est vrai que les partis politiques s’accordent sur la mise en place d’un exécutif bicéphale, ils sont divisés sur les personnages qui devraient en faire partie, la mission de ce pouvoir provisoire, et même le temps qui doit être accordé à ces nouveaux dirigeants.
Evens REGIS
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