Frontière haïtiano-dominicaine : plus de 70 000 retours volontaires en Haïti entre janvier et mars, selon le GARR
Pour la période allant de janvier à juin, 78 195 cas de retours spontanés de migrants haïtiens en Haïti ont été recensés sur des points frontaliers officiels et non officiels contre 20 629 cas de rapatriement. Selon le groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR), l’augmentation de ces retours est due à la vitesse de la propagation du coronavirus en République dominicaine et les mesures de confinement mises en place par les autorités de ce pays.
La majorité de ces 78 195 cas de retour volontaire et les 20 629 déportations pour le premier semestre de l’année sont des migrants haïtiens originaires de Port-au-Prince, Belladère, Hinche, Thomonde, Jacmel, Cayes, Gonaïves, la Vallée de l’Artibonite, Saint-Marc, Arcahaie et Verrettes. Ils vivaient pour la plupart dans les villes dominicaines de Saint-Domingue, San Cristobal, Azua, Elias Piña, Las Matas, Duarte, Barahona, Higuey, Monte Cristi, Santiago, Boca Chica et San Pedro de Macoris. Toutefois, les observations ont démontré que la vague de retour volontaire a augmenté entre le mois de mars et juin, période pendant laquelle la propagation du nouveau coronavirus s’est révélée sur les deux pays partageant l’Ile d’Haïti. Ces rapatriements et retours volontaires ont été effectués par les points frontaliers officiels et non officiels.
Selon le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR), la commune de Ouanaminthe (Nord-Est), où il existe un point de passage officiel, vient en tête de liste avec un total 39 422 retournés, dont 24 152 hommes, 13 686 femmes, 880 garçonnets et 704 fillettes. Ensuite, la commune de Belladère, commune frontalière du département du Centre recense 18 984 retournés dont 13 914 hommes, 4 122 femmes, 533 garçonnets et 415 fillettes. Pour les communes de Thomassique (Centre) et de Ganthier (Ouest), 9 823 et 4 655 retournés spontanés ont été comptés dans les points frontaliers pour entrer en Haïti. Pour Ferrier (Nord-Est), 3 700 retournés enregistrés et 1 611 pour Cornillon (Ouest).
Les raisons explicatives de ces vagues de retours spontanés sont multiples, d’après le GARR. Entre autres, l’organisation souligne la vitesse de propagation du nouveau coronavirus en République dominicaine et les mesures de confinement mises en place par les autorités de ce pays.
D’un autre côté, selon l’Organisation internationale pour la migration (OIM), 144 000 migrants haïtiens inscrits au Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) ont perdu leurs emplois suite à des mesures liées à la crise sanitaire, qui ont permis la réduction des activités économiques. En conséquence de cette situation, les ressortissants haïtiens affectés ont été contraints de retourner en dans leur pays.
Les migrants rapatriés ou retournés spontanément au cours de cette période de coronavirus ont affirmé avoir été victimes de violations de leurs droits : violences de toutes sortes, menaces, vols, escroquerie, dépossessions de leurs effets, sont parmi les cas rapportés. Certains ont déclaré avoir été contraints de remettre de l’argent pour pouvoir traverser la frontière par des sentiers détournés ou dans les bois. Ils ont été aussi contraints de payer beaucoup plus cher pour le transport, signalent-ils.
Woovins St Phard
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