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Des organisations politiques craignent la continuité du règne du PHTK avec un exécutif bicéphale Lambert/Henry

Des organisations politiques craignent la continuité du règne du PHTK avec un exécutif bicéphale Lambert/Henry

Alors que le Premier ministre Ariel Henry a eu une séance de travail avec le président du tiers du Sénat, Joseph Lambert, ce jeudi 5 août 2021, des organisations comme l’Alternative socialiste (ASO) ainsi que Konbit ont profité, d’un autre côté, pour dénoncer le fait que bon nombre d’acteurs politiques voudraient propulser au timon de la transition de rupture tant prônée, un président et un Premier ministre issus « des entrailles les plus profondes du régime PHTK ».

Ce jeudi 5 août 2021, le Premier ministre Ariel Henry a rendu une visite de courtoisie au Sénat de la République amputé de deux tiers. D’après ce qu’a fait savoir Joseph Lambert, président du tiers restant du Sénat, les échanges avec le PM ont porté sur la question sécuritaire, les élections, la gestion de la chose publique ainsi que la question de gouvernement « monocéphale » ou « bicéphale » qui tient l’actualité depuis quelques jours. D’après M. Lambert, ils se sont aussi convenus à travailler ensemble afin que le pays puisse suivre le chemin de la normalité, le retour à l’ordre démocratique.

De son côté, le PM Henry a profité pour remercier M. Lambert de l’avoir reçu tout en mettant l’accent sur l’organisation des prochaines élections dans le pays. Tout comme le président du Sénat, il croit qu’on doit remettre la démocratie sur les rails dans le pays. « Pour le bien du peuple haïtien, dit M. Henry, nous allons continuer à travailler ensemble ».

D’un autre coté et un peu plus tôt en conférence, deux organisations, à savoir l’Alternative socialiste (ASO) et Konbit ont exprimé leurs préoccupations par rapport à toute éventualité du tandem Lambert/ Henry au timon de la transition de rupture tant prônée. En effet, depuis ces derniers jours, des bruits courent au sein de la société comme quoi Joseph Lambert serait vu comme le président de la transition. En guise de réaction, l’Alternative socialiste démocrate, par le biais de son porte-parole Jean Hénold Buteau, dit être déçue profondément en apprenant que bon nombre d’acteurs politiques « voudraient propulser au timon de la transition de rupture, un binôme qui, non seulement symbolise la continuité du régime PHTK, mais qui représente aussi, le prototype parfait de l’actuel politique… ».

Pour l’ASO, les dirigeants de l’opposition doivent choisir, soit de « continuer avec Tèt Kale tout en partageant avec elle cette transition ainsi que les futures mascarades électorales qui en découleront, au détriment des valeurs démocratiques et les intérêts de la nation », « soit de s’engager aux côtés des progressistes en vue de continuer le combat pour la solution démocratique pour un processus de transition rénovatrice ».

Par ailleurs, l’ASO dit être attachée à l’initiative de la Commission pour une recherche de solution haïtienne à la crise. « Nous adhérons à cette perspective d’abord parce qu’elle est haïtienne, parce qu’elle nous parait non partisane, parce qu’elle nous offre l’opportunité de ne pas nous centrer sur ‘’l’individu’’ et enfin parce qu’elle n’est pas la continuité Tèt Kale », a fait remarquer l’Alternative socialiste.

En effet, c’est presque le même point de vue que partage le porte-parole de Konbit, Josué Mérilien. Ce dernier tient à dénoncer plusieurs acteurs politiques qui avant avaient opté pour une transition de rupture avec cet « État corrompu » et qui tout d’un coup ont changé leur fusil d’épaule sous la pression de la communauté internationale en choisissant de participer aux élections comme le veut le Premier ministre Ariel Henry. Pour le syndicaliste, qui semble très acide à l’égard de Joseph Lambert pour la gouvernance de la transition, ces acteurs ont toujours été du côté du statu quo même lorsque parfois ils font semblant d’être du côté de la masse populaire.

De son côté, Olriche Jean Pierre, membre de Konbit, a plaidé pour la réintégration de l’éthique et de la moralité dans la vie politique haïtienne. Pour lui, ceux et celles qui vont diriger la transition de rupture tant prônée ne doivent pas avoir de moralité douteuse. Ils ne doivent impliquer ni dans des crimes de sang ni dans des crimes financiers, a-t-il précisé. Par ricochet, M. Pierre a indiqué que les noms de ces personnes ne doivent pas être cités dans la dilapidation des fonds PetroCaribe ainsi que le scandale ayant rapport avec la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH).

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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