Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Actualité

L’occupation américaine d’Haïti : le parti « Rasin kan pèp la » rappelle les cicatrices et dénonce l’ingérence des États-Unis

L’occupation américaine d’Haïti : le parti « Rasin kan pèp la » rappelle les cicatrices et dénonce l’ingérence des États-Unis

Écouter l'article

Le 28 juillet 2020 a marqué les 105es années depuis que les militaires américains ont débarqué à Port-au-Prince. Après plus d’un siècle, de lourdes conséquences, selon le parti « Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf » (Pati Rasin kan pèp la), pèsent encore sur Haïti.

L’instabilité politique était un prétexte utilisé par les Américains pour asseoir leurs forces politiques en Amérique latine et dans les Caraïbes, au cours du XIXe siècle. L’occupation d’Haïti par les États-Unis s’inscrivait dans leur projet d’expansion économique et politique, soutient le parti « Rasin kan pèp la ».

Selon ce parti politique haïtien positionné à gauche, les Américains ont pillé, au cours de cette invasion, les réserves du pays, mais aussi ont détruit l’économie haïtienne. « En décembre 1914, l’armée américaine a débarqué en Haïti et a volé des réserves d’or de la Banque centrale estimées à 500 000 dollars américains à l’époque », ont rappelé les responsables dudit parti, dans une note de presse acheminée au journal Le National.

Pour le parti « Rasin kan pèp la », l’occupation américaine a complètement détruit la structure économique d’Haïti qui, depuis lors jusqu’à aujourd’hui, engendre de graves conséquences sur le plan socio-économique. « Elle [l’occupation américaine d’Haïti] participe à la dégradation de l’environnement par la coupe de bois pour alimenter les industries aux États-Unis. Elle a contribué à centraliser le pouvoir et concentrer les services publics dans la capitale du pays », énumère le parti.

Au cours de cette occupation, les militaires américains ont massacré environ 11 000 paysans et en exproprié des milliers d’autres sur de petites parcelles de terrain afin d’installer leurs firmes multinationales. Ce qui, en conséquence, poursuit le parti, contribue à la dégradation de l’agriculture paysanne.

L’occupation américaine a pris fin le 21 août 1934. Mais la page n’est pas tournée. Cela dit, elle prend d’autres formes comme la diplomatie et la coopération technique. Depuis 2010, constate le parti, la domination américaine sur Haïti a pris une forme agressive et arrogante.

Qualifiés d’ingérence, les États-Unis, dit le parti « Rasin kan pèp la », sont directement impliqués dans la mise au pouvoir et la protection du régime du Parti haïtien tèt kale (PHTK). « Après la publication des résultats provisoires du premier tour des élections présidentielles de 2010, Kenneth Merten, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Haïti a déclaré que les résultats n’étaient pas bons dans le seul objectif : permettre à Joseph Michel Martelly de passer au second tour », a-t-il illustré.

Il pointe du doigt également Edmond Mulet, l’ancien chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), qui, sous l’influence des États-Unis, a forcé le Conseil électoral permanent (CEP) de modifier les résultats du premier tour des élections en faveur de Joseph Michel Martelly. Sans compter la complicité de Michele Sison, l’actuel ambassadeur des États-Unis en Haïti ayant facilité la libération des mercenaires venus réprimer en 2019 les opposants du PHTK, le parti « Rasin kan pèp la » rappelle au peuple haïtien la manière dont Kenneth Merten s’est ouvertement prononcé sur la nationalité de Joseph Michel Martelly. Alors qu’il s’agissait d’une affaire interne du pays.

Sur ce, le parti « Rasin kan pèp la » dénonce les États-Unis qui, sans aucun masque, protègent le PHTK, un régime corrompu. Raison ? Le PHTK, explique-t-il, est prêt pour défendre tous les intérêts de l’État américain dans le pays et dans la région, même lorsque ces intérêts sont contre intérêts fondamentaux des Haïtiens.

Le parti « Rasin kan pèp La » rappelle que le peuple haïtien refuse le rapport de domination et de mépris imposé par les États-Unis et exige des coopérations internationales axées sur le respect et la dignité d’Haïti.

Wilner Jean

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Actualité

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre