Dossier « La Mansion » : des organisations exigent la mise en mouvement de l’action publique contre les trafiquants et leurs complices
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En conférence de presse ce mardi 11 août, Léronel Mortimé, le coordinateur national de l’Observatoire haïtien sur la traite de personnes ainsi que la chargée d’assistance légale au sein du Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), Petit Anghie Lee Gardy, ont exprimé leurs préoccupations dans le dossier de la traite de personnes à la maison de prostitution : «La Mansion». En effet, ces responsables exigent des explications sur la libération de Ginne Ortuño, responsable de la maison tout en exigeant que l’action publique soit mise en mouvement contre les trafiquants et leurs complices.
Suite à la sortie de neuf (9) Vénézuéliennes victimes de la traite des personnes dans une maison de prostitution connue sous le nom de «La Mansion» appelée autrefois «Casa Grande» à Pétion-ville, entre le 1er et 3 août, des organisations de défense de droits humains sont montées au créneau pour dénoncer ces cas de violations de droits humains.
Dans une conférence au local du collectif Défenseurs Plus à Turgeau ce mardi 11 août 2020, le coordinateur national de l’Observatoire haïtien sur la traite de personnes Léronel Mortimé ainsi que la chargée d’assistance légale au sein du Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), Petit Anghie Lee Gardy ont exprimé leurs inquiétudes suite à la libération de la Vénézuélienne Ginne Ortuño, l’une des responsables de « La Mansion », qui a été arrêtée, comme présumée trafiquante dans l’affaire.
À en croire M. Mortimé, qui se réfère à la loi sur la lutte contre la traite des personnes du 2 juin 2014 ainsi que des conventions internationales sur le sujet, pour désigner un cas de traite, il faut qu’il réponde à cinq caractéristiques : recrutement, transport, transfert, hébergement ou accueil de personnes puis exploitation. Pour lui, il y a flagrance de traite des personnes dans le dossier «La Mansion».
M. Mortimé a aussi souligné le fait que « les documents de voyage (passeports) des victimes sont confisqués par Mme Ortuño, sous prétexte que les victimes ont des dettes à rembourser à son institution ». Pour ce qui a trait au recrutement, l’Observatoire haïtien sur la traite de personnes a indiqué « certaines des victimes de la traite savaient qu'elles venaient en Haïti pour se prostituer. Cependant, elles n'étaient pas au courant des conditions réelles du système d'exploitation puisqu'elles étaient forcées de se droguer, de boire de l'alcool, d'avoir des relations sexuelles non protégées ».
Pour l’observatoire, le substitut commissaire du Gouvernement près du parquet de Port-au-Prince, Me Frantz Louis-Juste, doit donner des explications claires et convaincantes sur sa décision de libérer si rapidement Ginne Ortuño.
En outre, l’Observatoire exige du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Rockfeller Vincent, « de prendre des sanctions disciplinaires contre tous les auxiliaires de la justice qui interviennent avec légèreté dans ce dossier » et au commissaire par intérim du Gouvernement près le parquet de Port-au-Prince, Me Ducarmel Gabriel, de mettre l’action publique en mouvement contre les trafiquants et leurs complices.
Présente à la conférence, la chargée d’assistance légale au sein du Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (GARR), Petit Anghie Lee Gardy a dénoncé le laxisme de l’État dans ce dossier. Mme Gardy dit craindre que ce dossier ne se passe comme celui de « Kaliko beach » où rien n’a été fait, personne n’a été arrêté, aucun jugement n’a été prononcé.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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