Les États-Unis souhaitent la tenue prochaine des élections législatives en Haïti
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Durant son passage en République dominicaine, le dimanche 16 août, le chef de l’État haïtien, Jovenel Moise, a eu le temps de discuter avec le secrétaire d’État américain, Mike Pompéo. Ainsi, le chef de la diplomatie américaine a demandé à Jovenel Moise de former un conseil électoral et de planifier les élections législatives au plus vite.
La rencontre a été brève entre le président Jovenel Moise et le secrétaire d’État américain, Mike Pompéo. Le secrétaire d’État américain en a profité pour attirer l’attention de Jovenel Moise sur la nécessité de former rapidement un conseil électoral afin de réaliser les élections législatives dans les meilleurs délais.
Sur leur compte Twitter, les deux dirigeants ont relaté la tenue de cette conversation sur les élections en Haïti. « Je me suis entretenu avec le secrétaire d’État américain. L’entretien a porté essentiellement sur l’organisation des élections. Tout comme moi, nos partenaires américains croient que les élections restent et demeurent la voie idéale pour la survie de la démocratie », a écrit le président haïtien.
De son côté, le chef de la diplomatie américaine a souligné la tenue d’une bonne conversation avec le président haïtien à Santo Dominguo, tout en évoquant la nécessité de former un CEP inclusif et de programmer ces élections législatives qui devaient être réalisées depuis octobre 2019. Par ailleurs, le diplomate américain a attiré l’attention du pouvoir sur l’obligation de renforcer l’État de droit et de soutenir les droits humains en Haïti.
Selon Mike Pompéo, l’élection, l’État de droit et le respect des droits humains sont des éléments essentiels au processus démocratique. Une façon de dire entre les lignes qu’Haïti n’est plus sur cette voie. À preuve, sous le règne de Jovenel Moise, le respect des droits humains est à son plus bas niveau. Aucune élection n’a été réalisée. Dans certains postes électifs, Jovenel Moise place des proches par décret présidentiel.
Élection dans un contexte d’insécurité généralisée
Depuis des années, le processus électoral haïtien traverse une profonde crise de confiance et de crédibilité publique. Les élections sont toujours considérées comme un instrument de changement politique et social important dans toutes les sociétés, mais les responsables politiques haïtiens ne semblent pas en mesure de les organiser ni de favoriser la participation. Certes, le système d’administration électorale haïtien n’a jamais inspiré confiance, mais sous l’administration de Jovenel Moise, on vit le pire des situations.
L’une des situations qui font craindre le plus le processus de Jovenel Moise, c’est la prolifération des gangs armés. Et la majorité de ces gangs travaillent au profit du pouvoir en place, selon plusieurs rapports d’organisations de défense des droits humains, dont la FJKL, le CARDH et le RNDDH. L’impunité dont profitent ces gangs armés fait planer le doute concernant la crédibilité de n’importe quel processus électoral mis en branle actuellement.
En plus de la situation de terreur qui existe, la corruption et la pauvreté sont deux autres principaux facteurs qui peuvent faire échec au projet électoral du pouvoir en place. Plus de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (moins de 2,41 dollars américains par jour selon la Banque mondiale). À date, le pays reste paralysé par une crise politique aux conséquences sociales, économiques et sécuritaires alarmantes.
L’investissement privé est au plus bas niveau. La recrudescence des enlèvements contre rançon, enregistrée en Haïti depuis plusieurs mois, est un coup rude supplémentaire porté à l’espoir d’une relance économique. L’insécurité s’est amplifiée au-delà des bidonvilles de la capitale. Le pays est aux mains des gangs armés depuis des années. La Police nationale n’a pas les capacités de contrôler l’ensemble du territoire.
De plus, le chef de l’État a toujours été critiqué pour son implication présumée dans le vaste scandale de corruption lié au fonds Petrocaribe. La dernière partie du rapport d’audit de ce fonds, qui vient d’être acheminée au Sénat dysfonctionnel, pourrait alimenter la mobilisation et couper le souffle à tout projet de participation de la classe politique dans des élections avec Jovenel Moise au pouvoir.
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