Des anciens députés de l'opposition écrivent au CSPJ
Écouter l'article
Après avoir exigé le départ de Jovenel Moise du pouvoir le 7 février 2021, les anciens députés de l'opposition de la cinquantième législature regroupés au sein de la nouvelle structure baptisée « collectif des anciens députés de l'opposition et alliés (CADOA) », viennent de réaliser une nouvelle sortie. Ce, pour attirer l'attention du président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) sur l'incapacité du gouvernement à sécuriser la population et, du même coup, lui demander de jeter un coup d'œil sur les décrets pris par le chef de la nation.
Dans une correspondance adressée à René Sylvestre, président du CSPJ, le CADOA exprime sa préoccupation concernant la conjoncture politique et sécuritaire du pays. Le problème lié à l'insécurité et aux récentes décisions de l'équipe en place constitue la toile de fond du message des anciens législateurs ayant forcé une séance de mise en accusation du chef de la nation.
Dans la correspondance, les signataires font état de l'incapacité de l'équipe en place à mater l'insécurité qui prend, depuis un certain temps, une vitesse vertigineuse dans le pays. Selon les ex-députés, l'État haïtien est en train de faire profil bas face aux bandits qui prennent de plus en plus d'autorités dans le pays. Si le PM Jouthe s’était opposé au déplacement de la Cour d'appel au Bicentenaire, le collectif en fait un rappel au numéro un du CSPJ pour montrer l'incapacité du gouvernement à assurer la sécurité de la population.
M. Jouthe n'a jamais laissé passer l'occasion de dire que son administration parte en guerre au banditisme. Le mois dernier, il avait soutenu sans ambages que le Palais de justice ne serait pas déplacé. Comme la Primature, il va la sécuriser et rendre fonctionnelle l'institution paralysée à cause de l'insécurité qui sévit dans la zone. Récemment, il avait fustigé le chef de la PNH en public pour mauvais résultat. Cette semaine, il l'encense pour avoir réalisé des prouesses. Vraisemblablement, il est le seul à faire ce constat puisque, les opposants au pouvoir signifient le CSPJ que l'administration Moise Jouthe est en train de fuir les hommes armés. Et à titre d'exemple, ils citent la Cour d'appel.
Les anciens députés ne se préoccupent pas seulement de la dégradation de la situation sécuritaire du pays. Les décrets controversés adoptés par le président Moise leur font aussi réfléchir. C'est à cet effet qu'ils invitent le président de la CSPJ, sévèrement critiqué par les pétrochallengers et les avocats de la partie civile, à jeter un coup d’œil sur certains décrets, dont ceux concernant le Code pénal, la Carte d'identification nationale (Dermalog) et le Numéro d'identification unique (NIN).
Toujours très remontés contre le pouvoir, les anciens députés révoltés de la situation refusent de se faire complices de la détérioration des conditions de vie de la population.
Daniel Sévère
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.