La grève des greffiers affecte le fonctionnement du système judiciaire
En grève depuis environ trois semaines, le mouvement des greffiers paralyse le fonctionnement du système judiciaire à travers les 18 juridictions du pays. Les greffiers réclament de meilleures conditions de travail.
Le système judiciaire haïtien vit de crises comme le pays. Après la grève des magistrats qui a paralysé le fonctionnement du système, c’est au tour des greffiers de réclamer de meilleures conditions de travail. Depuis environ trois semaines, les greffiers ont entamé un arrêt de travail pour exiger le respect du protocole d’accord conclu avec le ministère de la Justice en 2017. Ce mouvement de protestation entrave le fonctionnement des tribunaux à travers tout le pays.
Pour le Réseau national des magistrats haïtiens (RENAMAH), la grève des greffiers a créé un manquement dans les tribunaux. « Les cabinets d’instruction ne fonctionnent pas, puisque les greffiers sont les assistants des juges », indique Ikenson Edumé. « Des tribunaux de paix à la Cour de cassation, le fonctionnement du système est boiteux. On ne peut rien faire sans l’aide des greffiers », précise le magistrat.
Rencontré avec le ministre de la Justice et de la Sécurité publique le jeudi 20 août, le président du RENAMAH a affirmé que le ministre de la Justice se montre préoccupé par la grève des greffiers. Selon Maitre Edumé, le ministre la justice lui a confié qu’il a porté le dossier des greffiers au Conseil des ministres. Un comité a été créé pour travailler sur le dossier, relate-t-il. Il a fait savoir que la question de carte de débit n’a pas été discutée seulement pour les greffiers, mais pour tout le personnel du système qui est aussi affecté par le coût élevé de la vie dans le pays. Selon le magistrat, le ministre prévoit de rencontrer les associations de greffiers d’ici la semaine prochaine afin de trouver une entente sur cette affaire qui perdure déjà.
Par ailleurs, Magistrat Ikenson Edumé a évoqué l’entente trouvée entre des associations de magistrats et le ministère de la Justice. S’il est vrai que les magistrats attendent le nouvel exercice fiscal pour attester la bonne foi de l’Exécutif, ils se plaignent déjà de la suivie sur le renouvellement du mandat des juges. Jusqu’à présent, l’Exécutif n’a pas encore tenu son engagement dans le renouvellement du mandat des juges. Le système attend ce renouvellement par la publication de l’arrêté du président sur ce dossier.
Maitre Edumé a souligné aussi le problème des parquetiers qui réclament l’égalité de traitement avec les juges. Indemnités, arriérés de salaire, bons de carburant et autres, tels sont les revendications des parquetiers qui soupirent après leur revalorisation dans le système.
Parallèlement, Ikenson Edumé s’est entretenu avec le titulaire du ministère de la Justice sur le projet de séance par visioconférence. Ce projet qui permettra d’organiser des séances de travail à distance et facilitera le fonctionnement de la justice en temps de crise. Il permettra également de décongestionner les prisons, suivant le magistrat. Le ministre de la Justice souhaite présenter le projet par-devant le Conseil des ministres afin de le formaliser légalement, signale Me Edumé
Woovins St Phard
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