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De la nécessité d'une nouvelle Constitution : des étudiants opinent

De la nécessité d'une nouvelle Constitution : des étudiants opinent

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Nous avons une Constitution, mais nous n’avons pas su l’appliquer. Pourquoi avons-nous besoin d’une autre ? Ces débats autour d’une nouvelle Constitution dans le pays sont commandités par le gouvernement de la République et la communauté internationale. Pour changer la Constitution, il faut qu’il y ait une assemblée constituante or il n’y en a pas. Tels sont les commentaires exprimés ce mardi, par certains étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) autour de la nécessité d'une nouvelle Constitution.

De la nécessité d'une nouvelle Constitution a été au cœur d’un micro-trottoir réalisé ce mardi 25 août 2020 par la Radio Télévision Pacific et le journal Le National. Des étudiants de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE) ainsi que de l’Institut d'études et de recherches africaines d'Haïti (IERAH) ont donné leurs avis sur cette question constitutionnelle qui tend à occuper l’essentiel de l’actualité.

Nickenson Desvarieux est étudiant en première année à la FDSE est contre une nouvelle Constitution dans le pays. « La question que je me pose, dit-il, c’est pourquoi changer la Constitution ? La Constitution que nous avons n’a jamais été appliquée. Une Constitution qui dit que la famille est la base de la société, les enfants ont droit d’aller à l’école, les enfants ont droit à la santé… Et les professeurs ont droit à un salaire équitable. Une Constitution qui dit que j’ai le droit de vivre et qui n’a jamais été appliquée. Et, nous voulons la changer… ».

Pour M. Desvarieux, le Parti haïtien Tèt kale (PHTK) ne fait qu’appliquer la politique néolibérale en Haïti tout en faisant plaisir à la communauté internationale (États-Unis, France Canada).

Pour sa part, Pilate Voltaire, étudiant préparant son mémoire de sortie en économie à la FDSE, croit que le président de la République, Jovenel Moïse, n’est pas la personne idéale qui peut piloter le changement de la Constitution. « Il avait dit qu’il allait donner l’électricité 24h/24, il avait promis de l’argent dans nos poches, il avait promis de la nourriture dans nos assiettes, mais il ne l’a pas fait. Et à présent, c’est la Constitution qu’il va changer. Ceci est un paradoxe », a expliqué M. Voltaire.

L’étudiant finissant a aussi laissé croire, pour changer la Constitution, la responsabilité revient à une assemblée constituante or il n’y en a pas. « Nous leur avons demandé d’arrêter ceux qui ont dilapidé les fonds de Petrocaribe, mais ils ne peuvent pas arrêter un seul. Nous leur avons demandé de donner à manger à la population, mais ils ne peuvent pas. Nous avons demandé d’arrêter les gangs, mais ils en sont incapables », a raconté l’étudiant indexant le pouvoir en place. Plus loin, l’étudiant a fait savoir que parler d’une nouvelle Constitution, c’est parler d’une nouvelle Haïti. Il croit plutôt en l’amendement de la loi mère.

Pour Sebastien François, étudiant finissant en philosophie et science politique à l’IERAH, c’est le pouvoir en place qui a financé un groupe de personne pour animer les débats autour d’une nouvelle Constitution. Est-ce que nous sommes arrivés à implémenter ce que la Constitution de 1987 avait prévu ? Telle est l’interrogation posée par M. François pour déterminer l’efficacité ou pas de la loi mère. Pour lui, on ne peut pas parler d’efficacité, car on n’a pas pu l’appliquer. Il croit que le fait de se réfugier dans une nouvelle Constitution est une « lâcheté ». Il préfère qu’on amende la Constitution en vigueur.

Faut-il rappeler, Me Monferrier Dorval qui est le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince se positionne pour une nouvelle Constitution.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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