« Quelle que soit l’option choisie, on doit changer la Constitution », selon Me Monferrier Dorval
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Dans un entretien accordé au journal, ce mardi 25 août 2020, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, a fait savoir qu’il y a nécessité de changer la Constitution avant de penser à organiser les élections dans le pays. Selon l’homme de loi, continuer de faire fonctionner le pays avec cette même Constitution serait synonyme d’une prolongation de cette crise qui gangrène le pays depuis plus d’une trentaine d’années.
Depuis la chute des Duvalier, la transition démocratique n’a jamais eu lieu réellement dans le pays. En ce sens, la Constitution est, à maintes reprises, indexée. Plusieurs secteurs et personnalités croient que cette Constitution ne reflète pas la réalité du pays, et qu’elle n’arrive pas à favoriser l’émancipation économique, sociale et politique du peuple haïtien. C’est ainsi que depuis quelques années, des personnalités publiques et très respectées au sein de la société luttent pour un changement de la Constitution afin d’adopter une nouvelle qui pourra répondre aux besoins de la population.
Me Dorval s’inscrit dans cette démarche. Et pour lui, c’est une position de principe, en rapport aux intérêts du pays, et qui n’a rien à voir avec une idéologie politique. L’homme de loi ne s’intéresse pas à qui dirige ou pas ce projet. L’important pour lui est de voir le pays se doter d’une nouvelle Constitution sans perdre de temps, et avant même de s’engager sur la voie des élections. « Toutes élections avec la Constitution en vigueur plongeront le pays encore dans une autre crise électorale et gouvernementale », prévient-il. L’intérêt d’Haïti est de changer sa Constitution.
Qu’il s’agisse du pouvoir en place, de l’opposition ou d’un gouvernement de transition, Me Dorval est ouvertement pour changement de la Constitution qui, selon lui, est à l’origine de tous les maux d’Haïti. Pour lui, l’essentiel n’est pas de savoir quel secteur politique va diriger les travaux sur la nouvelle Constitution, mais la logique, c’est que le pays n’en peut plus avec celle en vigueur. De René Préval à Jovenel Moise, cite-t-il en exemple, tous les présidents ont eu du mal à diriger le pays avec cette Constitution.
Cette discussion autour d’un changement de la Constitution a toujours été au centre de l’actualité, mais avec Jovenel Moise, les débats autour de ce projet s’amplifient. Le président envisage d’engager le pays sur cette voie alors qu’il est à la fin de son mandat. Si son équipe s’est déjà mise en ce sens, l’opposition, qui soutient aussi l’idée d’adoption d’une nouvelle Constitution, ne voit pas les choses de la même manière. Selon les leaders de l’opposition, Jovenel Moise n’a pas la légitimité nécessaire pour engager le pays sur cette route. Selon eux, il doit y avoir une transition sincère pour non seulement initier les chantiers autour d’une nouvelle Constitution, mais également engager le pays sur la voie du dialogue national.
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