Décès du greffier Ernst Lafortune dans des circonstances suspectes: L'ANAGH exige une enquête
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À en croire l'Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), Ernst Lafortune, greffier au Tribunal de première instance de Port-au-Prince affecté au cabinet du juge Mathieu Chanlatte, récemment désigné pour instruire le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse, a été assassiné dans la soirée du 11 août 2021 dans des circonstances douteuses. Face à cette situation, l’ANAGH demande au commissaire du Gouvernement de diligenter une enquête afin de faire jaillir la lumière.
Le dossier d’assassinat de celui qui fut le 58e président de la République a été transféré au cabinet d’instruction. De par la sensibilité et l’enjeu du dossier, plusieurs juges ont refusé de le prendre en charge. Finalement, le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Bernard Saint-Vil, a confié l’instruction au juge Mathieu Chanlatte. Il a fallu que quelques jours pour un évènement malheureux et non encore élucidé se produisent dans l’entourage professionnel du juge instructeur.
En effet, dans la nuit du 11 aout 2021. Le greffier Ernst Lafortune, affecté au greffe du Tribunal de première instance de Port-au-Prince et plus précisément au cabinet du juge Mathieu Chanlatte, a été assassiné dans des conditions troublantes. Ce qui n’a pas laissé sans réaction l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) qui a présenté ses sympathies aux membres de sa famille, à ses amis et ses proches affligés par ce deuil.
Selon l’ANAGH, l’assassinat du greffier Lafortune est « survenu dans la soirée du 11 août 2121, après une vive discussion avec le juge Mathieu Chanlatte concernant le dossier du feu président Jovenel Moïse ». D’après l'ANAGH, c’est comme s’il y a une zone d’ombre derrière cet assassinat. Dans cette circonstance, elle « demande au commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Claude Bed-Ford de bien vouloir diligenter une enquête en vue de déterminer les auteurs de l'assassinat du Greffier Ernst Lafortune et de les déférer par devant la justice ».
En outre, elle « demande au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Rockefeller Vincent, de prendre des dispositions nécessaires pour sécuriser également les greffiers travaillant sur des dossiers sensibles comme » celui de l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Par ailleurs, à côté de cette demande d’enquête de l’association des greffiers, plusieurs autres enquêtes sont en souffrance. À titre d’exemple, on peut citer le massacre de Delmas, l’assassinat de Diego Charles et d’Antoinette Duclaire à Christ-Roi et celui de l’ancien policier syndicaliste Guerby Geffrard. Si pour ce dernier, le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17) avait demandé, lors d’un sit-in tenu le 10 août par-devant le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), de diligenter une enquête, la porte-parole de la PNH, Marie Michelle Verrier, avait fait savoir que l’enquête sur le dossier du feu président est prioritaire.
Durant ces 25 dernières années, de nombreux assassinats spectaculaires sont restés impunis, a fait savoir l’Office de la protection du citoyen (OPC) précisant que le système judiciaire est axé sur la corruption et les accusés circulent dans la ville en toute liberté.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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