Haïti: l'insécurité est à son plus haut niveau
Alors que beaucoup d’autorités gouvernementales et policières ont promis récemment d’appliquer les meilleures stratégies afin de mater l'insécurité dans le pays, la liste des victimes tuées par balles, ces derniers jours, continue de s'allonger. Rien que pour la semaine écoulée, pas moins de cinq personnes ont été assassinées dont le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval.
Malgré la dernière opération « Terminator I », lancée par la Police nationale d'Haïti (PNH), les bandits armés ne chôment pas. Dans la capitale spécifiquement, ils multiplient leur forfait en toute quiétude. Cette situation de terreur déborde, comme c’était attendu, les périmètres des quartiers populaires.
Il n'y a pas que les habitants de la troisième circonscription de Port-au-Prince, de La Saline, de Carrefour-feuille, de Bel-Air, de Pont-Rouge, de Bas Delmas, entre autres, qui soient exposés à ce fléau. Le phénomène s’est étendu à tout le territoire et tend à devenir normal en Haïti.
Le dernier bilan est lourd. Pour le weekend, pas moins de cinq corps sans vie, dont ceux d’un chroniqueur de radio, de l'éminent professeur Dorval et d’un homme d'affaires ont été recensés. La machine infernale de l’insécurité, sans pitié, continue de faucher la vie de pauvres haïtiens.
Les voix ne cessent de s'élever contre ce phénomène anxiogène. À chaque semaine, son lot de cadavres. Les forces de sécurité et les responsables politiques semblent être dans l’incapacité de bloquer l'hémorragie. Tout le monde se contente de condamner, d’annoncer des mesures, mais la situation reste inchangée. Le phénomène de l'insécurité est à sa vitesse de croisière.
L’impuissance de l'État est flagrante. À de nombreuses reprises, le Conseil supérieur de la Police nationale s’est réuni pour se pencher sur le problème. Le Premier ministre était même allé jusqu’à recadrer en public le commandant en chef de la PNH. Malgré, des membres de la population continuent de mourir sous les balles assassines de bandits. La mort du substitut commissaire du gouvernement avait ému l'opinion publique, l'assassinat des deux danseurs, les enfants victimes, la professeure tuée dans le Sud-Est, sont entre autres, des actes crapuleux qui révoltent la conscience.
Les autorités policières sont instruites, la justice sévira contre les auteurs, co-auteurs et complices de ces actes, promet le pouvoir. La population, quant à elle, croise les doigts dans l'espoir d’une éclaircie dans cette grisaille.
Daniel Sévère
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