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Petrocaribe: la rue baisse le pavillon

Petrocaribe: la rue baisse le pavillon

La détermination constatée après la soumission du deuxième rapport de la commission sénatoriale concernant la gestion du fonds Petrocaribe et pendant l'intervalle conduisant au deuxième rapport d'audit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), a considérablement baissé. Les petrochallengers et l'opposition depuis le 31 mai 2020 ont levé le pied de l'accélérateur.

L'opposition politique, durant un bon bout de temps, avait fait une récupération politique du dossier Petrocaribe. Entre la présentation au Sénat du rapport de la commission présidée par le sénateur Évallière Beauplan et la soumission à l'Assemblée nationale du deuxième rapport de la CSCCA, la rue a cherché à obtenir la tête du chef de l'État qui a su résister grâce au support de la communauté internationale et du manque de cohésion au sein des protestataires qui n'ont pas bénéficié du soutien total de la population. Les sit-in se sont succédé, des mobilisations de rues se sont multipliées, les petrochallengers se sont déchainés. La tempête est passée et Jovenel Moise a tenu bon.

Outil politique ayant boosté la mobilisation anti-gouvernementale, l'affaire Petrocaribe connaît une nouvelle évolution. Le travail des juges de la Cour prend fin comme pour le plus singulier des dossiers. La pression baisse en intensité, l'exécutif ne s'inquiète plus comme si cette affaire ne pouvait plus influencer la politique. Une première phase bouclée. La justice qui a pris le relais n'inspire pas confiance. Elle est instrumentalisée par le pouvoir, croient les opposants qui ne font rien pour faire échouer ce plan. Cap dorénavant sur les élections.

L'opposition chérit deux choses: la démission du chef de l'État et l'instauration d'une transition de rupture qui procédera à la réalisation de ce procès, juge-t-elle, historique. Au départ, suite à la résolution du Sénat de renvoyer le rapport par-devant la Cour pour un approfondissement, l'opposition avait allumé le flambeau de la mobilisation en vue de forcer les juges à rester impartiaux. Les chefs de file de l'opposition croyaient dure comme fer qu'à l'époque, la CSCCA allait jouer le jeu du palais national qui s'est prononcé contre ce dossier. Près de trois ans après, la Cour s'est lavé le visage renvoyant le doute dans le camp de la justice qui traine les pieds.

En effet, l'opposition doute davantage de la crédibilité des responsables de la justice que de ceux de la CSCCA. Cependant, elle ne fait pas assez de pression pour les inquiéter. Pour l'heure, et ce, depuis tantôt un an, l'on a la sensation que les groupes mobilisateurs rentrent dans une sorte d'observation. La rue chôme, le débat est réorienté. Les projecteurs sont braqués ailleurs.

Toutefois, faut-il souligner que du côté de la catégorie se portant partie civile dans le dossier, plusieurs actions juridiques ont été entreprises dans l'intervalle. Ce, sans suite positive. Elle a exigé le déport du juge, Ramoncithe Accimé, considéré comme un partisan infaillible du pouvoir. Les avocats de la partie civile constatant son refus de se déporter du dossier ont adressé une requête à la Cour de cassation pour le récuser. Ils ont aussi écrit au CSPJ pour mettre en accusation le juge d’instruction. Requêtes qui sont restées sans suite.

Dans la foulée, le juge instructeur a entendu pas mal d'anciens grands commis de l'État dans le dossier. Processus qualifié par les avocats des plaignants de cosmétique. Selon eux, ce ne sont que des stratégies du juge ordonné par l'exécutif afin de faire passer le temps. Dans l'intervalle, le juge avait rendu une ordonnance enlevant le statut de plaignants à toutes les personnes se portant partie civile dans le dossier. Selon cette ordonnance, il reconnait pour plaignant la Direction générale des impôts qui, elle aussi, avait porté plainte au nom de l'État.
 

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