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L’APPE craint une éventuelle rareté de l’essence à la pompe

L’APPE craint une éventuelle rareté de l’essence à la pompe

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Le pays est sur le point de faire face à une éventuelle rareté de l’essence à la pompe. Face à cette situation, les membres l’Association des professionnels du pétrole (APPE) prônent le dialogue entre ladite association et l’administration actuelle pour résoudre la crise du pétrole dans le pays.

Depuis tantôt trois mois, les relations, entre les importateurs du pétrole et l’administration en place, se dégradent. L’Exécutif a accusé ces agents économiques d’avoir pratiqué le marché noir dans la vente des produits pétroliers sur le marché local. Cette situation a des effets sur le fonctionnement du marché pétrolier.

En effet, dans une lettre adressée au ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, l’APPE a présenté la situation actuelle du secteur pétrolier. «La dégradation de la situation financière des compagnies pétrolières opérant en Haïti suite aux récents changements opérés dans la structure des prix a accentué les préoccupations quant à la pérennité de leurs opérations », a écrit l’APPE.

«Par lettre en date du 6 et du 22 juillet 2020, les compagnies pétrolières avaient pris la précaution de vous informer que, suite à la décision du gouvernement en date du 11 juin 2020 de modifier la structure des prix, elles vendaient à perte et ne pouvaient plus continuer à financer la subvention des prix à la pompe, selon le mécanisme « taxe à rembourser », a expliqué l’APPE.

L’APPE a également demandé bien vouloir considérer l’une des deux options dans l’idée de leur permettre de gérer au mieux leur trésorerie. « Vous avez opté pour l’application de la première option, comme clairement exprimé lors de la réunion en visio-conférence, tenue le 14 août 2020. Nous attendons toutefois de recevoir officiellement la notification de cette décision par votre ministère à l’Administration générale des douanes », lit-on.

Par contre, l’APPE a déploré le fait que les taxes à payer ne compensent que très partiellement les sommes à rembourser au titre de la subvention. «Afin de continuer à travailler, les compagnies pétrolières auraient apprécié que vous leur communiquiez les nouvelles décisions adoptées par votre administration pour rembourser l’intégralité des taxes. Nous voulons également réitérer nos préoccupations quant à la pérennité de nos opérations vu que les pertes financières constatées depuis la mise en place des nouvelles structures des prix ne font qu’augmenter, et entament largement leurs fonds propres », a demandé l’APPE.

Selon cette lettre, la situation des marges commerciales après la prise en compte de la perte de change et des différents coûts liés aux opérations. « Aussi, nous vous saurions infiniment gré de nous informer des mesures qui seront adoptées par votre ministère, tant pour la prise en charge de la subvention des prix à la pompe, la révision des structures des prix rétablissant des marges acceptables pour la profession, que pour une méthode d’indexation éliminant tous les risques d’érosion des marges produits par la dévaluation de la monnaie locale »,

Vers une éventuelle rareté de l’essence à la pompe

Dans une tribune publiée au journal Le National, l’auteur a relaté que la structure de prix en vigueur depuis juin 2020 ne permet pas aux vendeurs et revendeurs de produits pétroliers de rester à flot. «Malheureusement, les informations laissent croire que les parties ne se sont toujours pas assises autour d’une table pour prendre les décisions appropriées qui seraient dans l’intérêt de l’État et de la population, alors que les écoles viennent de recommencer », déplore l’auteur.

Plus loin, ces importateurs de pétrole attendent à ce que le sujet reste dans l’actualité. « Les raretés de produits pétroliers en 2019 et 2020 nous ont laissé suffisamment de stigmates pour que nous soyons inquiets de ce silence et continuons de poser des questions. Nous savons tous qu’il n’est pas possible de résorber les crises en l’ignorant. Parce qu’il existe, mezza voce, une véritable crise. Les propriétaires de pompes à essence et tous ceux dont le travail a rapport avec l’importation des produits pétroliers sentent s’avancer le spectre d’éventuelles raretés ou du branle-bas que provoquent les commandes placées en urgence. Les rumeurs vont bon train », a-t-il écrit.

Il est important de rappeler que récemment, les directions de l’Inspection générale fiscale, de l’Unité de lutte contre la corruption et de l’Unité centrale de renseignements financiers ont publié un rapport sur les pertes enregistrées par l’État central sur l’essence à la pompe au cours des dix dernières années. Après la publication de ce rapport, les membres de l’association des professionnels du pétrole (APE) ont réagi. En effet, dans une note, ils ont affirmé que la structure des prix des carburants est gérée depuis 30 ans exclusivement par le ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

Cluford Dubois

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