Inégalité, non-respect du droit à l’éducation : le système éducatif haïtien va mal
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Plusieurs écoles de la capitale haïtienne ont été la cible d’attaques violentes au cours de cette semaine. Ce qui est, pour certains, une violation grave du droit à l’éducation et pour d’autres, cela ramène à un problème d’inégalité criant existant dans la société haïtienne. Si le Collectif défenseurs plus, soutient qu’il faut subventionner les écoles les plus vulnérables afin de réduire les inégalités, l’Office de la protection du citoyen (OPC) demande à l’État de répondre à sa mission.
Les faits regrettables qui rongent le secteur éducatif depuis la reprise des activités scolaires le 10 août 2020 sont énormes. Si d’une part, le Collectif défenseurs plus a plaidé pour la réduction des inégalités en subventionnant les écoles, d’autre part, l’Office de protection du citoyen (OPC) ne passe par quatre chemins pour condamner ces faits qui ne font pas honneur au système éducatif.
« Le mardi 18 août, dit l’OPC dans un communiqué datant du 10 août, le directeur du collège Archimède a été tabassé par un groupe d’élèves d’écoles publiques de Saint-Marc. Le lundi 17 août, au moins deux enseignants ont été blessés suite à des mouvements de protestation des élèves du lycée Pinchinat à Jacmel. Le mardi 25 août, des agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) Sud-Est ont malmené un élève NS3 du lycée Pinchinat à Jacmel qui participait à un mouvement d’élèves ».
L’OPC continue en indiquant que le « le lundi 7 septembre, plusieurs élèves et enseignants ont été blessés suite à l’affrontement entre écoliers au moment où des protestataires tentaient de relâcher de force l’école Divine miséricorde aux Gonaïves. À Port-au-Prince les mardi 8 et mercredi 9 septembre 2020, les élèves d’écoles et de lycées ont attaqué le lycée Fritz Pierre Louis, les collèges Le Normalien, Roger Anglade et Canado-Haïtien ».
Pour ce qui est des quartiers de Bel-Air et de bas Delmas, l’OPC a laissé savoir les affrontements entre groupes armés ont paralysé le fonctionnement des écoles tant publiques que privées dans ces zones sans oublier la grève des syndicats enseignants qui nuit le système éducatif. En ce sens, L’OPC demande au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle de « trouver une entente avec les syndicats enseignants en vue de favoriser la présence des professeurs dans les écoles publiques et les lycées ».
Toutefois , l’OPC a aussi signalé « que certaines écoles ont démarré, le lundi 7 septembre 2020, la nouvelle année scolaire 2020-2021 avant la fin de celle 2019-2020, en cours, qui doit être clôturée le 22 octobre, suivant le calendrier du MENFP. Face à cela, il demande au MENFP de s’assurer que tous les enfants ont l’égalité déchéance en matière d’éducation.
Pour sa part, le collectif défendant le droit de la personne, Défenseurs plus, est clair. « La société haïtienne génère beaucoup d’inégalités, qu’elles soient sociales, économiques et financières ». Après que plusieurs écoles privées se trouvant dans la capitale haïtienne ont été la cible d’attaques violentes, la question d’inégalité dans le système éducatif a explosé en pleine figure.
« Avec la présence de la pandémie de coronavirus en Haïti en mars dernier, plusieurs parents ont été démis de leurs postes de travail en raison du ralentissement de nombreuses activités économiques. Après la réouverture officielle des activités du pays, explique Défenseurs plus, dans une note de presse, la reprise des écoles a été annoncée pour le mois d’août 2020. Malheureusement, la pandémie dCOVID19 prouve une fois de plus l’inégalité sociale et scolaire existe dans le système éducatif haïtien ».
Le Collectif a indiqué le fait que le MENFP avait prévu la réouverture des activités scolaires pour le mois d’août, plusieurs écoles non publiques étaient déjà en fonction. « Ce qui occasionne, dit-il, un dysfonctionnement des calendriers, ajouté à cela, il y a le problème financier des parents ».
Face à ce déséquilibre existant dans le système éducatif, Défenseurs plus croit qu’il y a la nécessité de subventionner les écoles (les élèves les plus vulnérables) pour la réduction des inégalités et appelle du coup les dirigeants à prendre leur responsabilité dont la Constitution de 1987 en son article 32-1 leur impose. « L’éducation est une charge de l’État et des collectivités territoriales. Ils doivent mettre l’école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des enseignants des secteurs public et privé ».
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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