L’ouverture de l’année judiciaire 2020-2021 sur fond de discorde
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La cérémonie officielle d’ouverture de l’année judiciaire 2020-2021 a eu lieu le lundi 5 octobre à la Cour de cassation en présence du président de la République Jovenel Moise, du chef du Gouvernement et d’autres officiels. Cependant, les avocats au Barreau de Port-au-Prince ont monté la garde devant la Cour pour faire passer leurs revendications.
Comme le veut la tradition, chaque premier lundi du mois d’octobre, l’année judiciaire s’ouvre officiellement. Contrairement à l’année précédente, le pouvoir judiciaire a tenu à la réalisation de la cérémonie officielle d’ouverture de l’année judiciaire 2020-2021. Cette cérémonie s’est réalisée en présence du président de la République Jovenel Moise, du Premier ministre Joseph Jouthe, de hauts dignitaires de l’État et des acteurs du système judiciaire. Néanmoins, les avocats au Barreau de Port-au-Prince se sont vus refuser l’accès à l’enceinte de la Cour de cassation. Ce qui a poussé la bâtonnière a.i, Marie Suzie Legros, à laisser la cérémonie pour retrouver dans la rue ses confrères de la basoche.
Déclarant l’ouverture officielle de la nouvelle année judiciaire, le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), René Sylvestre, a adressé des pensées spéciales à tous les acteurs du système judiciaire victimes des actes de banditisme. Il a ensuite exprimé ses condoléances suite décès du père du chef de l’État. Pour le numéro 1 du CSPJ, il est urgent que l’État prenne des mesures pour contrecarrer les bandits qui sèment le deuil dans le pays afin de rassurer la population haïtienne. Il souligne la nécessité pour l’État de cesser de jouer le rôle de pompier dans ses interventions. « La justice doit demeurer dans notre République », explique Me Sylvestre qui partage le désir d’une justice équitable pour tous. Il appelle les acteurs travaillant de concert avec les acteurs du système judiciaire à se moderniser pour répondre aux mutations en cours dans la société.
D’un autre coté, René Sylvestre invite les acteurs du système judiciaire à procéder à faire une introspection pour comptabiliser combien de fois ils ont péché par omission, action, excès ou lâcheté. Il estime que le comportement d’autres membres des autres pouvoirs a contribué à l’affaiblissement du pouvoir judiciaire. Il demande aux acteurs de commencer la nouvelle année judiciaire sur de nouvelles bases. Il annonce la tenue de nouvelles mesures pour permettre au grand public d’avoir la disponibilité des travaux des juges.
Entretemps, les avocats au Barreau de Port-au-Prince ont protesté devant la Cour de cassation. Empêchés par les agents de l’USGPN de pénétrer dans les locaux de cette institution, les avocats ont accordé la préférence à la tenue d’une marche dans les rues de Port-au-Prince pour réclamer justice pour Me Monferrier Dorval et l’étudiant Grégory Saint-Hilaire. La bâtonnière a.i du Barreau de Port-au-Prince, Marie Suzie Legros, a prononcé son discours devant les barrières de la Cour. Ensuite, les avocats ont défilé jusque devant le cabinet du bâtonnier Dorval.
Tout au cours de leur parcours, les avocats ont lancé des slogans contre le pouvoir en place, notamment contre le président Jovenel Moise qu’ils accusent dans l’assassinat du bâtonnier. Ils ont été rejoints par des militants et étudiants au cours de la route. Ces derniers ont fait montre d’une attitude de violence face à certaines institutions publiques et privées.
Au terme de cette marche, Me Marie Suzie Legros, dans son message de circonstance, s’est interrogée sur le rôle de la DCPJ, du ministre de la Justice, du chef du parquet de Port-au-Prince et du président Jovenel Moise qui est le garant de la bonne marche des institutions. Elle a demandé; «quel est donc cet État où un agent de police se permet d’abattre un étudiant dans les locaux mêmes de sa faculté, où des citoyens sont massacrés dans leur quartier, où un bâtonnier en fonction est assassiné». Elle a aussi dénoncé les nombreux décrets pris par le Pouvoir exécutif.
Par ailleurs, il faut souligner que la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a organisé une cérémonie pour marquer l’ouverture de leur nouvelle année. Cette institution indépendante a repris officiellement leurs activités le lundi 5 octobre pour l’année 2020-2021.
Woovins St Phard
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