Les cas d’homicide diminuent, les actes de kidnapping augmentent
Malgré les nombreuses attaques meurtrières dont les membres du groupe G-9 an fanmi e alye sont les tenants au cours de ces derniers jours, le dernier rapport au secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité a affirmé que le nombre de cas d’homicide dans le pays diminue. Les homicides signalés à la police ont diminué de 12 % entre le 1er juin et le 31 août, selon ledit rapport.
Entre le 1er juin et le 31 août, les homicides volontaires signalés à la police ont diminué de 12 %, et ont fait 328 victimes (dont 24 femmes et 9 enfants) contre 373 (dont 9 femmes et 12 enfants) au cours des trois mois précédents, selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies au Conseil de sécurité. Ce rapport de 42 pages, réalisé, le 25 septembre, par le BINUH pour le secrétaire général, fait partie de l’attribution du secrétaire général qui est chargé de rendre compte au Conseil de sécurité tous les 120 jours suivant la résolution 2476 du CS. Pourtant, si ce rapport recense moins d’actes de criminalité, cela n’a pas empêché l’assassinat brutal du bâtonnier Monferrier Dorval le 28 août et des attaques du G-9 dans les quartiers de Bel-Air et environ au début du mois de septembre.
Tout comme dans les périodes précédentes, la majorité des cas sont recensés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. 74 % de ces cas ont été enregistrés dans le département de l’Ouest, où vit environ 35 % de la population et où la violence en bande organisée est plus répandue, d’après le rapport. Toutefois, au mois de juin (171 homicides volontaires signalés contre 132 en mai) qui coïncide avec la formation de l’alliance du G9 et correspond aux raids les plus meurtriers menés sur le quartier de Pont-Rouge et la commune de la Cité-Soleil à Port-au-Prince, une flambée des cas a été constatée. Après quoi, le secrétaire général fait remarquer un déclin de ces incidents après le mois de juillet (77 homicides signalés), une fois les alliances reconfigurées.
D’un autre côté, les enlèvements ont suivi la tendance inverse, selon le rapport du secrétaire général. « Après avoir diminué régulièrement depuis mars pour atteindre une moyenne mensuelle de 3,5, le nombre d’enlèvements est passé à 19 en juillet, les gangs étant retournés à des activités plus lucratives après des semaines d’intenses négociations et d’affrontements », indique le rapport, qui confirme que 32 personnes (dont 9 femmes et 3 enfants) ont été enlevées, contre 25 au cours des trois mois précédents (dont 7 femmes et 7 enfants). Pour l’ONU, cette augmentation du nombre d’enlèvements semble toutefois avoir été contenue par les opérations de police menées dans la dernière partie de la période considérée, qui ont conduit à l’arrestation de 53 personnes soupçonnées d’avoir participé à des enlèvements et de 51 autres membres de gang.
Par ailleurs, le secrétaire général souligne une augmentation notable des incidents provoqués par les gangs dans d’autres régions du pays, notamment au Cap-Haïtien (département du Nord) et à Petite-Rivière de l’Artibonite (département de l’Artibonite), où l’insécurité limite la circulation sur plusieurs axes importants. « Tout comme dans la capitale, la violence des gangs pourrait s’intensifier avec la publication du calendrier électoral », prévoit l’organisation mondiale.
En dépit des accusations portées contre le président de la CNDDR, Jean Rébel Dorcénat, dans la fédération des groupes armés, le secrétaire général a fait savoir que la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion a continué à consolider sa position de première institution nationale de lutte contre la violence au sein de la collectivité, malgré des contraintes opérationnelles persistantes.
En plus de l’implication des autres instances des Nations unies présentes en Haïti, le BINUH œuvre de façon à soutenir les autorités nationales dans la lutte contre la prolifération des armes et des munitions illicites en Haïti dans le cadre d’un projet spécial du Fonds pour la consolidation de la paix mis en œuvre par le PNUD et l’OIM avec le soutien du Département des opérations de paix et du Bureau des affaires de désarmement.
Le BINUH accorde également une importance particulière dans la lutte contre les violences faites aux filles et femmes. « Le système national de santé a signalé 457 cas de viol (164 femmes, 235 enfants et 58 hommes) entre le 1er juin et le 31 août, contre 541 entre le 1er mars et le 31 mai. En comparaison, 43 viols ont été signalés à la Police nationale d’Haïti entre le 1er juin et le 31 août, contre 35 au cours de la période précédente », relate ledit rapport en faisant état du soutien de l’ONU au ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes pour favoriser la mis en œuvre d’un plan national de lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Woovins St Phard
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