Les greffiers calment le jeu en observant une trêve
Après plus de deux mois de grève, l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) a décidé, le 14 octobre, d’observer une trêve dans leur mouvement de revendication. Cette trêve, qui s’étendra du 14 octobre au 14 décembre 2020, permettra de tester la bonne volonté des autorités de l’État, selon le président de l’ANAGH, Martin Ainé.
Au terme d’une année très difficile, le système judiciaire peut reprendre son souffle en ce début de nouvelle année judiciaire. Après avoir connu la période de pays lock, de la propagation du nouveau coronavirus, la grève des magistrats et la clôture de l’année 2019-2021 avec l’arrêt de travail des greffiers depuis le mois de juillet, les greffiers ont décidé d’observer une trêve dans leur mouvement de revendication en ce début d’année. Selon le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), Martin Ainé, les greffiers décident de reprendre du service du 14 octobre au 14 décembre pour tester la bonne foi des autorités de l'État.
« La situation des gens qui sont en détention préventive prolongée interpelle la conscience de plus d'un, principalement celle des greffiers haïtiens. De ce fait, après avoir eu une série de rencontres entre le MJSP, l’OPC et la FBH, L'ANAGH entend casser provisoirement le mouvement et comme de fait pour tester malgré tout la bonne foi des autorités de l'État, accorde sous toutes réserves une trêve allant du mercredi 14 octobre 2020 au lundi 14 décembre 2020 », indique Martin Ainé. Il prévient que dans l'intervalle si rien n'est fait les greffiers entreront en grève purement et simplement pour continuer à réclamer le respect de l'Accord du 3 novembre 2017 et celui du 23 mai 2019.
Cette reprise des activités des greffiers dans les différents tribunaux du pays est possible grâce à l’Office de la protection du citoyen (OPC) qui s’est proposé comme médiateur dans ce dossier entre les greffiers et le ministère de la Justice, l’institution de tutelle des greffiers. L’institution nationale de promotion de droits humains promet à l’ANAGH d’organiser des formations au profit de ses membres en droits de l’homme. De concert avec l’association, l’OPC aura à fixer le nombre de greffiers à former.
D’autre part, l’École de la magistrature (EMA) entend dispenser quatre séances de formation à l’intention des greffiers. La première se fera le 22 novembre 2020 avec 30 greffiers du cabinet d’instruction sur l’instruction en créole et le nouveau Code pénal. La deuxième, le 7 décembre 2020 avec 40 greffiers des tribunaux de paix. Et les deux autres se feront sous peu, suivant les dires du président de l’ANAGH, Martin Ainé.
Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Rockfeller Vincent, promet de présenter le dossier ayant rapport aux statuts des greffiers en Conseil des ministres. La carte de débit réclamée par les greffiers sera disponible d’ici la fin de ce mois, selon les déclarations du ministre, rapportées par Martin Ainé. Me Vincent rassure les greffiers qu’il y a un traitement spécial en ce qui concerne le relèvement salarial graduel prévu dans l’accord de 2017. Il évoque également la nomination des greffiers en chef et d’autres nominations pour combler des postes vacants dans les tribunaux.
S’il est vrai qu’il y a des avancées dans les négociations, l’ANAGH se veut être prudente toutefois. Le président de l’association estime que la lutte est ardue. « Nous sommes pour un système judiciaire indépendant », souligne Me Ainé. Il réitère sa volonté de collaborer avec les associations de magistrats afin de mener cette bataille pour l’indépendance du système judiciaire.
Woovins St Phard
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