De hauts dignitaires accusés de protéger les dilapidateurs dans le dossier Petrocaribe
Les responsables du Réseau national des plaignants Petrocaribe, du Sant Karl Levêque (SKL) ainsi que du Collectif des avocats pour la défense des droits de l’homme (CADDHO) se sont prononcés ce mercredi 21 octobre sur l'avancement du dossier Petrocaribe et la violation des droits humains dans le pays. Selon Me Marc Antoine Maisonneuve, le président de la Cour de cassation, René Sylvestre, a donné la garantie que rien n’arrivera aux dilapidateurs du fond dans le cadre de ce dossier.
Dans une conférence du Réseau national des plaignants Petrocaribe, du Sant Karl Levêque ainsi que du Collectif des avocats pour la défense des droits de l’homme (CADDHO) donnée ce mercredi 21 octobre 2020 au local du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Me Marc Antoine Maisonneuve a fait des déclarations osées sur des personnalités les plus hauts gradés du pouvoir de cassation ainsi que du gouvernement en place.
À en croire Me Maisonneuve, qui s’est fait avocat de la partie civile dans le dossier Petrocaribe, l’étape la plus importante franchie est le recours en dessaisissement entamé par-devant l’instance régulatrice : la Cour de cassation.
« Au début de cette semaine, indique Me Maisonneuve, on a été au niveau de la Cour de cassation et on a trouvé de bonnes informations. Elles ont fait comprendre que c’est la Cour de cassation et particulièrement le président René Sylvestre qui donne la garantie dans ce dossier que rien ne va jamais arriver aux différents dilapidateurs, corrompus, voleurs des fonds Petrocaribe ».
En ce qui a trait aux deux autres tranches du rapport d’audit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratifs (CSC/CA) sur les fonds Petrocaribe remises par le Sénat haïtien au Premier ministre, Joseph Jouthe, Me Maisonneuve a qualifié de « désordre » cette démarche. Selon l’homme de loi, le PM se trouve à la tête d’un gouvernement de facto, il n’est pas reconnu par le Parlement. « Le Sénat, dit-il, n’aurait pas dû lui remettre ces rapports ».
Plus loin, l’avocat a fait savoir quand le procès Petrocaribe deviendra de plus en plus sérieux, on ne pourra pas s’adresser au PM. « Si Jouthe se respectait, précise-t-il, il ne devrait pas accepter de recevoir ces rapports puisque c’est illégal …». Le Premier ministre, ajoute-t-il, a accepté de recevoir ces rapports « dans la perspective de parvenir à protéger les dilapidateurs, dans la perspective de parvenir à faire diversion et nous avons compris cela ».
Pour le directeur exécutif du Sant Karl Levêque (SKL), son organisation a le pouvoir de mener à bien le dossier Petrocaribe plus loin, car c’est un crime commis contre la population haïtienne. Selon le responsable, il y a des gens tant au niveau de l’international qu’au niveau national qui ont participé à cette dilapidation.
Faut-il rappeler, le Premier ministre qui est le chef du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) est le premier des policiers et il s’est aussi autoproclamé le premier des petrochallengers.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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