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Petrocaribe, en terrain miné?

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Il y a une pédagogie du discours politique. C’est une nécessité par rapport aux enjeux de l’heure qui s’entrecroisent et produisent un effet de sensation de premier ordre. Ses modalités se manifestent les unes dans les autres. Il joue un rôle capital dans l’orientation du débat et l’urgence d’une nouvelle ingénierie de l’action publique. C’est le lieu où le langage est fortement influencé par la réalité matérielle confuse que l’on considère souvent, au nom d’une pseudo-sagesse, comme une tempête dans un verre d’eau. Il n’y a rien de plus exaspérant!Le président de la République a appelé de ses voeux que la lumière soit faite sur l’utilisation du fonds Petrocaribe ayant fait l’objet d’enquêtes parlementaires et d’une information judiciaire pour détournement et concussion.

Il y a une pédagogie du discours politique. C’est une nécessité par rapport aux enjeux de l’heure qui s’entrecroisent et produisent un effet de sensation de premier ordre. Ses modalités se manifestent les unes dans les autres. Il joue un rôle capital dans l’orientation du débat et l’urgence d’une nouvelle ingénierie de l’action publique. C’est le lieu où le langage est fortement influencé par la réalité matérielle confuse que l’on considère souvent, au nom d’une pseudo-sagesse, comme une tempête dans un verre d’eau. Il n’y a rien de plus exaspérant!Le président de la République a appelé de ses voeux que la lumière soit faite sur l’utilisation du fonds Petrocaribe ayant fait l’objet d’enquêtes parlementaires et d’une information judiciaire pour détournement et concussion. Le chef de l’État, lors d’une cérémonie de présentation mardi dernier du Premier ministre nommé, Jean Henry Céant, a fait la balance entre l’avantage d’exhorter ce dernier à s’approprier ce dossier brûlant et l’inconvénient de s’en passer littéralement: “En ce moment, je vous demande, au plus vite, une fois votre politique générale votée par le Parlement, que la justice fasse la lumière sur les gros dossiers comme celui de Petrocaribe qui font planer le soupçon sur le pays”, a-t-il lancé. Loués soient nos seigneurs de l’appareil judiciaire: la balle de Petrocaribe est définitivement dans leur camp! Pour le meilleur et pour le prix.Jovenel Moïse n’a pas cru si bien dire. Sa sortie opportune fait circuler de manière feutrée un mot d’ordre stimulant. En terrain miné? Peu importe. À la différence des Samouraïs dont la parole vivante se déploie toujours dans le vent, il a forcé l’admiration avec une vérité dont la résonnance est celle d’une apothéose. Honni soit qui mal y pense! La question n’est pas de savoir comment la Cour supérieure des comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA) vivra le décalage entre la vision du chef de l’État et l’angoisse qui a longtemps marqué la vie de notre système judiciaire en mal de se refaire une santé.Dans la dynamique de cohabitation du moment, le nouveau Premier ministre aurait du pain sur la planche. Il s’en souciera ou s’en moquera pour sa survie politique. Dans un cas comme dans l’autre, ce sera le résultat de la nature dualiste du pouvoir. Mais la dualité entre Jovenel Moïse et le locataire de la Primature sera t-elle plus symbolique qu’effective? Afin de jouer au mieux ses éléments, chacun sera forcé de (re)découvrir la complexité du dossier en dénonçant à demi-mot l’amateurisme ou le manque de méthode des sacrés enquêteurs qui auraient penché la balance. Comme quoi le miroir serait coupable de la laideur de celui qui s’y regarde. Mais dans l’opinion la “ parole performative” (John L. Austin) du tandem Moïse/Ceant produira sans doute des effets en faisant exactement ce qu’elle se propose de faire dans ses horizons d’attente. Car le peuple, déterminé à se constituer en force progressiste souveraine confrontée aux forces traditionnelles évanescentes, ne sera pas dupe.Par les temps qui courent, la société haïtienne a besoin d’une intelligence collective capable de faire des propositions cohérentes pour retisser durablement ses liens. Les scandales financiers quand ils arrivent créent leur propre logique. Une pagaille politico-économique se produit, elle risque de contaminer la sphère sociale entière. Tout n’opposera pas forcément Jovenel Moïse au chef de gouvernement. Même lorsqu’ils sont tous les deux sous le coup des chocs et inquiétudes partagées par rapport aux revendications légitimes de la population et à l’avenir du pays, ils ont des sensibilités communes.Les thèmes de campagne de l’un comme de l’autre sont plus que rétroactifs: lutte contre la corruption, la vie chère, le black-out, la pauvreté, l’exclusion et en faveur du désenclavement de l’arrière-pays. Toute la vertu de la Caravane se trouve peut-être là. Encore faudrait-il les ressources humaines et financières nécessaires pour y parvenir. Quel écrivain disait: “ Dire la vérité à celui qui n’est pas prêt à l’entendre, c’est la trahir; la dire à celui qui prend d’avance la mesure de sa complexité, c’est la profaner”. Par rapport au dossier Petrocaribe, il y a un nihilisme qui frappe aujourd’hui le pays du fait des utopies réalisables qui se précisent et qu’il faudrait volontiers mettre en musique pour être chantées, s’il en est besoin, dans un vibrant concert de casseroles au Champ-de-Mars pour un nouvel ordre des choses, en alliant le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté.Depuis des années, la vie communale est nulle et sans effets. Ou presque. L’initiative parlementaire consistant à élaborer un projet de loi sur l’organisation municipale est un pas dans la direction des libertés locales. Et après? Or, l’action du gouvernement n’est vraiment féconde et bienfaisante, qu’autant qu’elle est servie par les CT. De tous les agents municipaux, le plus utile, quoique le plus incompris, le plus indispensable, le plus difficile à remplacer s’il venait à manquer, c’est assurément le maire de la commune. Autant reconnaitre l’indépendance des CT.Tout gouvernement bien inspiré prend nécessairement la mesure de cette réalité. Qu’on prenne donc garde de ne pas affaiblir par de mauvaises pratiques administratives les institutions républicaines que l’on prétend servir de bon droit. À l’heure actuelle, ce qui importe ce n’est pas un simple virage vers les CT, mais le respect du principe de leur indépendance par rapport au pouvoir central.Pour sauver la République et ses institutions, les acteurs ont besoin de développer un sens exceptionnel du consensus et surtout de justice quand il le faut.C’est moins douloureux de visiter un ami en prison que d’aller se recueillir sur sa tombe.Brûler le siège du Parlement ou exiger que les parlementaires démissionnent en bloc ne permettront pas de rétablir, au plus vite, la confiance.Est-ce que nous sommes dans une république dépravée où seuls les membres du gang auront un jour accès aux dites bonnes écoles ?L’autre raison est encore plus folle.Y a-t-il une catégorie de gens qu’on ne veut pas fréquenter ? Un apartheid qu’on veut signifier, établir ? Un parent d’élèves a osé pointer du doigt les enfants qui arrivent sur taxi-moto. On pourrait aussi indexer les enfants qui viennent dans des voitures qui ne font pas high class. Beaucoup de journalistes du National tomberaient sous les couperets de cette discrimination qui ne se dit pas.Il faut que ces gens, ces fous, qui exigent à ces responsables d’établissements d’augmenter les frais scolaires, soient clairs. Qu’on cesse de se cacher. S’il y a une partie de la population qu’on méprise, qu’on déteste, qu’on veut anéantir, qu’on le dise.Il y a aussi un autre drame. Ceux qu’on méprise, qu’on veut annihiler et qui tiennent malgré tout à ce que leur progéniture fréquente de tels établissements simplement pour dire qu’on est là même si alors l’enfant grandit frustré, avec des complexes qui viendront achever la société.Ceux qui se croient d’une race supérieure dans ce pays, ils doivent être non seulement aveugles, mais fous. Il n’y a rien à montrer pour le prouver sinon qu’une infériorité, une bestialité, une compétence à perpétuer le chaos, la misère, bref le mal même dans leurs propres lieux.Qu’on cesse dans les officines, dans certaines réunions de parents dans les écoles, à étaler une telle maladie mentale.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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