Ces temps, nous sommes un peu comme des orphelins obligés de survivre en milieu hostile. Personne ne compte ni n’énumère les risques. Nous vivons avec et chaque sortie est considérée comme un pas sûr vers le suicide. Manifestement, les promesses sont les seuls biens que nous avons. Et, quand ces promesses ne sont pas tenues, comme c’est toujours le cas, c’est la banqueroute totale.
Ce qui nous rapproche beaucoup plus en Haïti, c’est cette douloureuse sensation d’abandon qui nous empêche de construire un discours sur notre pays faisant abstraction de l’échec et de sa gestion. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus mettre des noms et des histoires sur les visages de nombreuses personnes enlevées, séquestrées, assassinées et au mieux libérées contre rançon. Les jours passent. Les gens meurent de violence, d’absence de soin et de dépit. Les stratégies changent aussi autant que les « commandants en chef » à la tête de notre moribonde police. Le nouveau chef de la Police, Frantz Elbé, peu avare en paroles, n’a pas encore communiqué sur ses préférences : point de presse ou conférence de presse. Détournez vos esprits, dégagez, il n’y a rien à comprendre !
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