Dans l'impossibilité pour la société haïtienne de trouver les véritables remèdes contre l'insécurité institutionnalisée, la banalisation de la vie et la déshumanisation, la population haïtienne, en particulier les couches les plus touchées et les plus vulnérables s’inventent un nouveau sport qui invite chacun à renouveler sans cesse l’exercice de formuler à ses proches le meilleur des souhaits actuels « la prudence ».
Derrière presque chaque « Aurevoir » échangé entre des parents et leurs enfants, des membres d’un couple, entre les membres d’une famille, entre des collègues, ou même des inconnus, « La prudence » s’invite souvent et de plus en plus dans le langage populaire et l’imaginaire collectif, comme une façon d'éviter que ce déplacement ou détachement ne se confond pas à un geste d’adieu.
Dans ce nouveau sport national qui a pris racine dans la culture populaire, l’imagination devient impétueuse dans tout. Comme dans les moindres gestes, le choix de route à emprunter et le type de compagnie à accepter pour éviter les imprévisibles pièges ou de croiser le chemin des seigneurs de la violence.
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