Où étiez-vous ?
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On va, semble-t-il, malgré tout vers les élections. Malgré le terrain miné. Le terrain extérieur. Les gangs. Les territoires sous contrôle total de la délinquance. Le territoire intérieur. Les âmes. Les consciences. Ravagées par l’ignorance. La frustration. La haine. La corruption.
Et dans cette boue qui mérite d’être nettoyée, le silence. Mais le silence de l’incompétence. Le silence de la traitrise. Le silence de la honte. Le silence des assassins et des cambrioleurs.
Le silence des prévaricateurs.
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Le silence des corps qui se sont offerts aux orgies des pouvoirs infects.
Le silence des cancres !
Des cancres qui viennent solliciter le vote d’une population exténuée.
Comment peut-on oser demander aux citoyens de voter alors que des atrocités, telles que des incendies, des viols et des meurtres, sont perpétrées, tout cela dans un silence coupable, probablement par crainte de contrarier l’assemblée des criminels ?
De peur de déplaire aux commanditaires du chaos !
C’est la première question que le peuple devrait poser à ceux qui viennent solliciter ses votes.
Qu’avez-vous fait, qu’avez-vous dit pour nous défendre, pour nous protéger quand on brulait nos enfants, quand on violait nos femmes, quand on assassinait nos frères, nos sœurs, nos maris, nos épouses ?
Où étiez-vous ?
Faites-nous entendre un discours où vous aviez élevé votre voix quand nous étions obligés sous le feu des barbares d’abandonner nos demeures, souvent l’œuvre de toute une vie.
Où étiez-vous ?
Pendant que vous vous régaliez dans les hôtels de luxe et dans les ambassades, nous étions sur des taxis motos, dans des pistes improbables, à travers les montagnes, sous le feu parfois des bandits, pour poursuivre nos petits commerces, pour nourrir les villes assiégées par la délinquance.
On vante notre résilience, mais vous, vous êtes les vers dans le fruit.
Le fruit ! Cette nation qui n’en peut plus.
Ces élections qui viendront peut-être augmenter les vers dans le fruit si on ne prend pas les mesures nécessaires pour qu’on n’arrive pas à la gangrène qui oblige à couper un membre.
Vous venez solliciter nos votes.
Où étiez-vous ?
Quand Carrefour-Feuille agonisait. Quand Martissant brulait. Quand le centre-ville trépassait. Quand l'enfer s'abattait sur la commune de Kenscof. Quand l’Artibonite rendait l’âme. Quand les massacreurs œuvraient en toute quiétude. Quand une partie de la force vive du pays se faisait arnaquer par le programme Biden.
Où étiez-vous ?
Montrez-nous ce que vous avez fait. Faites-nous entendre ce que vous aviez dit.
Les peuples ont toujours eu, à un moment ou à un autre, raison des loups sans cesse affamés.
Gary Victor
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