Il conviendrait d’admettre que la crise actuelle est un terreau fertile pour une littérature abondante qui contribue à alimenter un phénomène de défiance vis-à-vis des institutions républicaines, des partenaires sociaux ou internationaux et des structures économiques ou politiques.
L’instabilité d’Haïti étant structurelle, la stratégie de réhabilitation de la société et d’établissement d’une paix durable a de faibles chances d’aider à la gestion de la crise. Ceci dit, il a fallu de multiples accords, de radotages, de guerre des caïds, d’exposition des égos pour arriver à la consolation d’une illusion. L’activisme politique stérile toujours en bout de ligne.
Les voix pour questionner cette indigence sont inaudibles. Cela se comprend, car toutes les catégories confondues de la population ont été touchées par la compression des activités sans avoir eu le temps et la possibilité de s’organiser. Le pouvoir, l’opposition et les gangs, dans les mêmes proportions stratosphériques, ont donné à la population une belle leçon d’impuissance. Toute une agitation, avec ses pugilats, ses règlements de comptes, ses incitations à la violence extrême, ses répressions sauvages et ses dérives cocardières, qui ne compte que pour du beurre.
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