Ne faut-il pas revenir au vrai idéal dessalinien pour que notre nation émerge de cette boue dans laquelle une gouvernance traditionnelle l’a plongée ?
Il ne s’agit pas bien sûr de reprendre les mêmes discours dont nous ont abreuvés politiciens et chantres de ce système assassin et anti-populaire. Ces derniers ont constamment chanté, hurlé que nous étions la première république noire du monde. Mais, ont-ils jamais compris ce que cela signifiait d’être la première république noire du monde ? Ont-ils compris que cela impliquait une vision, une mission ? Que cela demandait surtout de construire un vrai pays, un pays fort qui devait se faire respecter partout sur la planète.
Pendant que les peuples d’Afrique australe combattaient l’apartheid, où était Haïti, cette « première République noire » que nos dirigeants aiment tant invoquer ? Cuba, lui, envoyait des milliers de soldats combattre en Angola, notamment contre l’armée raciste sud-africaine. Nos classes dirigeantes choisirent une autre voie : l’alignement sur Washington, jusqu’à appuyer l’exclusion de Cuba de l’OEA, alors même que des milliers de médecins et d’agronomes cubains servaient en Haïti dans le cadre de la coopération entre les deux pays. Plus tard, la même soumission se manifesta envers le Venezuela, malgré l’aide considérable reçue de ce pays. Voilà le paradoxe : se réclamer de la première République noire tout en renonçant à une politique indépendante de solidarité avec les peuples opprimés et en s’aplatissant devant les anciennes puissances esclavagistes.
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