Ce qui devait arriver arriva. La situation est devenue intenable au Cap-Haïtien. Depuis longtemps, la ville ressemble à une sorte de cloaque, une monstruosité urbaine comme il en existe tant dans notre pays aux villes meurtries, défigurées. Devenue un véritable hub après la fermeture de l’aéroport de Port-au-Prince sous la pression des gangs armés, elle a été abandonnée trop longtemps dans ses sales oripeaux.
Avec les dernières pluies, la situation a atteint un point de non-retour. Habitants et visiteurs ont longtemps subi, entre rues impraticables, boue stagnante et insalubrité, cette indignité et cet affront à la fierté historique du Grand Nord. Désormais, la dégradation est telle qu’elle sera difficile à résorber rapidement. Elle risque même de devenir une épine douloureuse dans le pied du chef de la transition.
La tragédie capoise devait, un jour ou l’autre, devenir un volcan en ébullition. Depuis trente ans, les responsables publics ont laissé l’anarchie immobilière prendre en otage les versants autrefois boisés de la ville. La seconde ville du pays vit depuis longtemps, à l’instar d’autres cités abandonnées, une terrifiante agonie.
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