Un autre épisode de l’éternelle transition commence. Les ministères et les directions générales s’octroient en fonction du poids de nuisance de groupes politiques sans aucune assise au sein de la population. La nuisance provient d’une habilité à manœuvrer dans la jungle politique haïtienne en se servant surtout d’une presse prête à se vendre momentanément au plus offrant. Quelques rares compétences sont au rendez-vous de cette énième partie de chaise musicale, mais ces compétences se feront broyer par le système ou serviront seulement de décor pour prouver que l’équipe au pouvoir vaut quelque chose. Et puis, il faut toujours un accord entre les forces politiques. Quelles forces politiques ? On ne le sait pas trop. Ces mêmes forces politiques savent très bien qu’elles ne représentent plus rien sur l’échiquier, car elles seront balayées à toute élection plus ou moins libre. Au plus, pourront-elles tempêter en arguant de fraudes et de magouilles dont elles auraient été les premières si elles en avaient eu le moyen.
Dans un an on a toutes les chances de se retrouver au même point de départ avec la même situation sécuritaire et nos axes routiers sous contrôle des gangs. C’est que l’économie criminelle s’est bien incrustée, profitant de toutes ces années de gouvernance de façade. La criminalité a investi tous les échelons de l’État et la Police nationale peine à être efficace. D’une part, elle compte parmi ses membres des éléments affiliés aux gangs. D’autre part, elle doit obéir à un pouvoir civil corrompu infesté de personnes ayant des liens souvent étroits avec les gangs.
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