La qualification d’Haïti a provoqué de grandes émotions, tant dans le pays qu’à l’étranger. Dans la diaspora certes, mais aussi dans la presse internationale. Partout — dans les bars, les cours de récréation, les quelques lieux publics non encore affectés par l’insécurité — le sujet de la qualification d’Haïti est inépuisable.
Le football est, dans notre pays, le sport « national ». Mais son importance affective ne s’accorde guère avec la quasi-inexistence des investissements publics et privés dans un sport pourtant adulé par la majorité des Haïtiens. L’unique stade national est aujourd’hui capturé par des groupes armés, qui ont érigé autour de lui un immense champ de ruines s’étendant des faubourgs du Champ-de-Mars au Portail Léogâne.
Mais derrière la qualification d’Haïti, il faut témoigner de l’existence d’un esprit conquérant plus fort que les forces obscures qui abîment le pays. Quand les terrains sont pris en otage et que les jeunes ne peuvent s’adonner à leur sport favori, la diaspora prend le relais. À ce propos, comme le disait Alain Jean-Pierre, qui a longtemps milité pour que le pays se dote d’une législation sportive encore inexistante : « Il est venu le temps d’une prise de conscience nationale pour que cessent les exercices en futilités, les détestations stériles ». Les divisions noirs/mulâtres, diaspora versus habitants de l’intérieur.
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