La teneur des débats partisans autour des crises, qui ont rythmé la vie des Haïtiens ces dernières années, témoigne à quel point l’honnêteté se fait rare. La nation a été réduite à sa plus simple expression, tant nos élites se sont entêtées à promouvoir de petits agendas claniques. Pourtant, tout le monde se bat à revendiquer un quelconque mérite. Tout semble encore se jouer entre les corrompus, les tueurs et les pyromanes qui se rejettent mutuellement la faute. Entre-temps, le peuple se meurt ; l’espoir d’un renouveau pâlit.
En effet, les trois dernières décennies ont été marquées par une consistance infaillible dans le chaos institutionnel et l’anéantissement des valeurs civiques. Il paraît que c’est l’unique projet de société sur lequel la classe politique et ses alliés se sont accordés. Les assassinats politiques, l’impunité et les crimes financiers commis plus récemment ont contribué, dans des proportions égales, à une dégradation progressive de l’ordre public. Par conséquent, aucun des protagonistes concernés ne devrait oser s’ériger en donneur de leçon ou « homme du moment ».
Un pays qui n’a vu aucun chantier (institutionnel ou autre), depuis plus de trente ans, demande plus que de simples bonnes intentions. On n’y arrivera pas en se flattant les égos à longueur de journée. Assez de trophées et de plaques d’honneur !
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