La population haïtienne est composée majoritaire de jeunes. C’est une réalité qui rassure et qui fait peur en même temps, d’autant que la biologie ne suffit pas pour déterminer les caractéristiques de groupe. Il est courant de rencontrer un individu de 45 ans qui se réclame de la jeunesse dans un pays où l’espérance de vie tourne autour de 63 ans en moyenne. Loin d’être cocasse, c’est fondamentalement déroutant.
À bien réfléchir, il ne s’agit pas simplement d’une occultation de l’âge ou d’un refus de vieillir, mais plutôt d’un sentiment d’appartenance à un groupe d’individus qui cherche à s’inscrire à l’avenir en espérant et en guettant la première opportunité capable de les transformer en citoyens autonomes et accéder à l’âge adulte. Le problème est que ce désir légitime peut se réduire à un vœu pieux. Rien que cela.
Mais au-delà de cette petite confusion sur la tranche d’âge, la société est surtout à blâmer, car elle fait peu ou pas du tout de place à la jeunesse haïtienne qui doit se colleter à toutes sortes de difficulté pour vivre dans son pays avec ce qu’il faut de dignité et de tranquillité. Cette jeunesse est traumatisée par la longue période d’instabilité politique qui favorise le chômage et toutes les formes d’insécurité. Aussi, doit-on tenir compte de ce discours plus factice que facile qui stigmatise les jeunes en les faisant porter tous les aspects de l’incivisme, du banditisme et de la paresse.
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