La détresse de nos villes est proportionnelle à la précarité dans laquelle se débat nos populations. Il s’agit d’une urgence nationale qui concerne certes nos collectivités territoriales, nos mairies mais aussi l’ensemble de la communauté des citoyens.
Si nous prenons Port-au-Prince comme un échantillon de ce mal-être urbain, nous verrons que la notion même de ville voire de capitale a disparu. La capitale qui fut jadis un des meilleurs espaces caribéens avec son centre-ville achalandé et son bord de mer apaisé et éclairé à giorno est aujourd’hui méconnaissable. Il y a trente ans, on pouvait descendre au bas de la ville et faire une promenade au bord de mer, dîner à un restaurant ou s’arrêter un moment devant de magnifiques jets d’eau colorés jaillissant au son de la musique. Les magasins du centre-ville et de la Grand-rue restaient ouverts très tard, jusqu’ à minuit au mois de décembre. Les promenades nocturnes se faisaient à pied ou en voiture.
La dégradation ne s’est certes pas opérée d’un seul coup. La multiplication de constructions anarchiques a profité de l’indifférence des pouvoirs publics dans les derniers moments de la dictature et, de l’abandon total de toute politique municipale, au cours de la longue période dite de transition démocratique.
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