Il y a des moments qui nous marquent à jamais. Il y a de ces expériences qui influencent profondément ce construit que nous sommes. J'ai eu la chance de participer au premier bâillement du Journal « Le National ». Un projet nouveau, avec un staff jeune investi à fond dans cette mission de laisser une trace dans le paysage médiatique haïtien. Un grand rêve, mais loin d'être inaccessible. Noclès Debreus, Cadet Jean Michel, Jacques Desrosiers, Therno Sénélus, D'Angelo Dangelo Néard, Aris Reynold, Jean Gardy Lorcy, Jean Emmanuel Jacquet et les autres constituaient cette armée qui partait en guerre contre le refus de lire, le refus du sérieux dans les espaces publics, dans les médias. Ils voulaient tous offrir ce qu'ils avaient de mieux aux lecteurs, en particulier ceux-là qui voulaient une information de qualité pour mieux cerner la réalité et construire l'avenir.
Oui! construire l'avenir, voilà ce qui transcendait cette équipe et qui justifiait ces longues heures de travail, cette quête incessante d'informations. Avec Gary Victor, nous avons avancé et nous avons fait de notre mieux, et pour le mieux. Mais cela ne suffisait toujours pas, et l'on était brûlé en permanence par cette envie folle de nous améliorer régulièrement. Chaque article était un hymne au courage, une contribution au bien-être de la postérité.
L'ingénieur Hervé Lerouge, PDG du groupe, a eu cet éclair de génie de réunir autant de talents sous un même toit, et le résultat a été immédiat. Chacun, en ce qui le concerne, apportait son grain de sable à cet édifice qui, aujourd'hui encore, continue d'offrir une alternative aux consommateurs d'information. Le professionnalisme a un prix, et ce prix nous l'avions payé au quotidien, car il était difficile pour nous d'être bien perçu et d'être aimé. On dérangeait par notre refus de nous aligner dans le facile.
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