Les jours passent et se ressemblent. Chaque semaine apporte son lot de souffrances. Le ras-le-bol est partout. La coupe de sang est pleine jusqu’à la renverse. La violence semble avoir encore de beaux jours devant elle. L’heure des compromis étant, semble-t-il, épuisée.
La balkanisation est aussi physique que mentale. Alors que les fusils d’assaut, les armes de poing et les machettes ont envahi l’espace haïtien, on observe en même temps une sorte de désarmement moral. On entend des intellectuels débattre le plus sérieusement du monde des lignes de faille d’une « révolution » annoncée.
Malheureusement, il existe tellement de guerres civiles non révolutionnaires dévoreuses de vies et stériles sur le plan humain. Comme disait la philosophe germano-américaine Hannah Arendt « l’idée centrale d’une révolution est la fondation de la liberté, la fondation d’un corps politique qui puisse garantir l’espace où la liberté peut apparaître ».
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