La visite, le premier juillet dernier, du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en Haïti, fait partie de l’intense ballet diplomatique pour venir à bout de l'épineux dossier haïtien.
Une présence qui aura attiré l'attention de la grande presse sur un pays considéré comme un «mouroir à ciel ouvert». Le répit constaté dans certains quartiers depuis que le glaive du «bwa kale» s'est abattu sur plus de deux cents présumés bandits, est d'une grande fragilité. Le changement ne viendra pas d'un phénomène aussi spontané et insoutenable dans la durée. Il aura quand même le mérite d'attirer l'attention sur les malheurs que vit le peuple haïtien et les convulsions ravageuses du mouvement «bwa kale» sont à la mesure de son désespoir.
Les «gesticulations» de la communauté internationale, qui s’apparentent à de la mauvaise conscience, ne sont pas encore à la hauteur de cette crise multidimensionnelle. Conscientes du caractère lamentable de la situation, nos élites sont, elles aussi, prises au piège de l'impuissance. Un certain leadership politique et académique tente à son corps défendant de décrocher la «lune» qui se cache derrière les nuages sombres de nos divisions claniques. La vérité est que les forces du statu quo ne connaissent pas autre chose que la mauvaise gouvernance et la puissance corruptrice de l'argent de la contrebande, deux phénomènes qui maintiennent le sous-développement et la crise sociale. Le pays est bloqué de partout et il est difficile de trouver les nœuds qui l'enserrent jusqu'à l'étouffement.
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