Le territoire est transformé en un espace où peuvent surgir à n’importe quel moment des échanges de tirs comme dans un western. Depuis quelque temps, les enlèvements ont repris sur fond d’assassinats publics et spectaculaires. Mettre fin à cette sanglante hémorragie requiert de la part des forces de l’ordre, une meilleure organisation, une stratégie bien ficelée, et des équipements performants, mais aussi, et surtout un effort gigantesque des pouvoirs publics en direction de ceux qui vivent dans la précarité. La criminalité organisée à laquelle nous faisons face est multiforme. Elle est le résultat combiné de plusieurs facteurs : l’explosion démographique urbaine et l’irruption « d’archipels de la misère », sans oublier les actions contre-productives de milices de gens fortunés, ou de politiciens en mal de pouvoir. Ne croyant pas dans le vote populaire, certains préfèrent recourir à ce genre de soutien marginal et contre-productif.
S’il faut certes, plus de policiers dans les rues, des forces spécialisées plus nombreuses, la solution ne peut dépendre d’un simple rapport de forces. D’autant que ce dernier est loin d’être en faveur des forces régulières, car les bandes sont partout comme des mites dans le tissu urbain, mais on les retrouve aussi, pullulant comme de mauvaises herbes dans les rizières de l’Artibonite.
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