Jamais, depuis 2004, un début d’année n’a été aussi délicat. Pourtant, les évènements malheureux de 2021 ont hanté nos nuits et nos jours. Tout indique que cette situation n’est pas prête à faiblir.
En Haïti, nous excellons, faute de choix, dans l’art de l’énumération du mal. En réalité, nous sommes en passe d’accepter notre dépendance vis-à-vis de ceux, apprentis sorciers ou esprits manipulateurs, qui prennent plaisir à occuper, par tous les moyens, les ruelles du pouvoir. Il est, en effet, grisant d’avoir à portée de main les leviers qui rendent infinies les possibilités de nourrir son ego, de faire profiter les membres de son clan et d’oublier ou de mettre en évidence ce que l’on désire. Nous sommes en passe de légitimer une version monarchique de la gestion du pouvoir qui n’a pas survécu, dans la majorité des pays concernés, au vingtième siècle.
Il y a fort à parier que la perdition programmée du pays est un projet barbare savamment entretenu. À n’en point douter, les temps présents en Haïti proposent une réalité des plus complexes. Des individus (y compris des responsables politiques) et des groupes sociaux affichent des comportements qui renvoient aux périodes les plus décriées de l’histoire de l’humanité. Mentir sans conséquence, tuer sans être inquiété et ravir la liberté de quelqu’un pour gagner de l’argent sont des phénomènes qui légitiment cette barbarie dont on parle.
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