La peur chevillée au corps, nous avons traversé une année de crises majeures pour entamer la prochaine qui n’offre, à tout point de vue, aucune garantie de paix, de progrès économique et de réconciliation entre les Haïtiens. L’espoir de retrouver une vie normale est tellement imperceptible qu’on a du mal à l’imaginer. Car, depuis quelque temps en Haïti, on regarde la vie rêvée à travers les prismes du nihilisme.
On aimerait pourtant aborder la nouvelle année avec confiance, mais le champ de ruines, constitué et entretenu par l’élite bourgeoise des villes et les politiciens qui partagent le pouvoir et la contestation avec eux, est une situation préoccupante. Les plus pauvres, et fatalement les plus nombreux, ont l’impression d’être oubliés et font de moins en moins confiance aux structures politiques, aux médias et aux universités.
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