Nous avons atteint un fond que certains continuent de creuser avec un enthousiasme morbide. La société haïtienne est fissurée de partout. La crise alimentaire est devenue insoutenable, et l’insécurité, qui commençait lentement à reculer, s’alimente du « sérum » de l’anarchie.
Le moment est venu pour tous les acteurs politiques et l’ensemble de la société civile de prendre l’exacte mesure de cette grave crise. Une récente note de la Chambre de commerce de l’Ouest exprime sa solidarité face aux souffrances de la population que sont la misère et l’insécurité. Un certain secteur privé veut aujourd’hui faire montre d’empathie, et assumer ses responsabilités de contribuables et de créateurs de richesses. Il est venu le temps d’éviter les amalgames. Ainsi d’honnêtes commerçants ne veulent plus se fondre dans la masse informe des fossoyeurs du fisc.
En tout cas, pour se relever, ce pays a un grand besoin de « thérapie collective », de rupture avec les mauvaises pratiques tant dans le public que dans le privé. Le dialogue national tant galvaudé a besoin de se traduire dans les faits. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais il semble que toutes les parties en présence ressentent le bénéfice de l’urgence d’un accord politique. Il faut impérativement sortir de cette impasse meurtrière qui menace au quotidien les vies et les biens.
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