La période traditionnellement tant attendue est arrivée. Les dimanches pré-carnavalesques ! L’espace d’un après-midi et d’une nuit, pendant plusieurs semaines, avant les trois jours gras, des dizaines de milliers de personnes vont investir les rues, oubliant tous leurs problèmes, pour s’amuser, danser, au rythme de ces musiques de rue qui mettent au rencart le compas-direct et même ce rap créole où des jeunes dans un corps à corps fascinant avec les mots, disent leur vécu et leur mal-être dans cette société à l’avenir si incertain.
La période traditionnellement tant attendue est arrivée. Les dimanches pré-carnavalesques ! L’espace d’un après-midi et d’une nuit, pendant plusieurs semaines, avant les trois jours gras, des dizaines de milliers de personnes vont investir les rues, oubliant tous leurs problèmes, pour s’amuser, danser, au rythme de ces musiques de rue qui mettent au rencart le compas-direct et même ce rap créole où des jeunes dans un corps à corps fascinant avec les mots, disent leur vécu et leur mal-être dans cette société à l’avenir si incertain.
Des DJ installés sur des chars avec leurs puissants haut-parleurs, vont débiter à tout vent une musique répétitive, hypnotique, le « beat » étant la seule loi, et le corps surtout des femmes est curieusement réduit, dans une inversion suspecte, à un mouvement effréné et circulaire des fesses dans des distorsions qui donnent à penser que dans ce monde nouveau où l’on vit, le sexe a migré de l’avant vers l’arrière et qu’il faut donc s’habituer à ces nouvelles moeurs si on ne veut pas se faire trucider par les ayatollahs d’un libéralisme jusqu’à aujourd’hui triomphant, mais commençant à faire eau de toutes parts.
Le « bòdègèt » et le soi-disant « rabòday » se sont déclarés rois des rues et il n’y a pas une fête de quartier, un « ti-sourit » où on n’est pas agressé par cette musique, si on peut l’appeler ainsi, où la grivoiserie et l’obscénité sont souvent de mise. Le drame c’est que la culture est laissée à elle-même, les pouvoirs publics dans une attitude bassement populiste, finançant souvent, sans états d’âme, des activités sans valeur aucune, sinon celle d’offrir aux désoeuvrés des moments de pur défoulement où l’alcool, le sexe, la violence et parfois la drogue sont au rendez-vous. Rien n’est jamais pensé sérieusement pour offrir à nos jeunes des loisirs de qualité.
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