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La BRH publie sa note sur la politique monétaire du 3e trimestre 2025-2026

La BRH publie sa note sur la politique monétaire du 3e trimestre 2025-2026

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La Banque de la République d’Haïti (BRH) a rendu publique sa note sur la politique monétaire du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026. Entre avril et juin, l’environnement économique mondial est resté marqué par les tensions géopolitiques, les frictions commerciales et la volatilité des prix de l’énergie. En Haïti, la contraction de l’activité économique s’est atténuée. Après une hausse temporaire en avril, l’inflation annuelle est revenue à 18,9 % en juin 2026, tandis que le taux de change est demeuré relativement stable.

Par ailleurs, la BRH souligne avoir maintenu une orientation prudente de sa politique monétaire afin de contenir les pressions inflationnistes, préserver la stabilité du marché des changes et renforcer la résilience du système financier. Selon les projections du FMI publiées en juillet 2026, la croissance mondiale devrait atteindre 3 % en 2026. Aux États-Unis, la croissance s’est établie à 1,5 % au deuxième trimestre, avec une inflation de 3,5 % et un chômage de 4,2 %. Dans la zone euro, la croissance est limitée à 0,4 %, l’inflation à 2,8 % et le chômage à 6,3 %.

En Amérique latine et Caraïbes, la croissance projetée est de 2,4 %. La République dominicaine affiche une prévision comprise entre 4 % et 4,5 %, avec une inflation de 5,67 % et un taux directeur de 5,25 %. Les prix du pétrole en juin se sont établis à 84,81 dollars ÉU pour le WTI et 85,40 dollars ÉU pour le Brent.

En Haïti, l’activité économique a enregistré un recul annuel de 0,6 % de l’ICAE au deuxième trimestre, contre 2,7 % un an plus tôt. Sur le premier semestre, la contraction est de 0,8 %, contre 2,6 % l’année précédente. Par ailleurs, les retours forcés ont concerné 141 720 personnes entre janvier et juin 2026, soit une hausse annuelle de 11 %. L’inflation sous-jacente s’est fixée à 17,3 %, portée par la stabilité du taux de change, la baisse des prix des carburants et une gestion prudente de la liquidité bancaire.

Les finances publiques affichent des recettes fiscales de 51 259,44 millions de gourdes et des ressources totales de 126 053,42 millions de gourdes. Les émissions nettes de bons du Trésor atteignent 68 019,93 millions de gourdes, tandis que les dépenses budgétaires s’élèvent à 63 919,32 millions de gourdes. Le déficit du Trésor public a été partiellement financé par la BRH à hauteur de 32 635,3 millions de gourdes (cumul octobre 2025 – juin 2026).

Le secteur externe enregistre des exportations de 118,79 millions de dollars ÉU contre des importations de 1 305,03 millions de dollars ÉU, soit un déficit commercial de 1 186,24 millions de dollars ÉU. Les transferts privés se sont élevés à 1 307,62 millions de dollars ÉU sur le trimestre, et à 3 822,75 millions de dollars ÉU entre octobre 2025 et juin 2026. Le taux de change au 30 juin 2026 demeure à 130,53 gourdes pour un dollar ÉU.

La BRH a maintenu des taux de réserves obligatoires de 40 % en gourdes et 53 % en devises pour les banques commerciales, et de 28,5 % en gourdes et 41,5 % en devises pour les banques d’épargne et de logement. Les taux des bons BRH restent fixés à 6 %, 8 % et 11,5 % pour des maturités de 7, 28 et 91 jours. Les réserves internationales brutes couvrent plus de sept mois d’importations.

La banque centrale a également publié la Circulaire nº 10 sur la gouvernance des coopératives d’épargne et de crédit. La base monétaire au sens strict a progressé de 2,78 %, la monnaie en circulation de 3,38 %, et la masse monétaire M3 de 3,04 %. Les dépôts en gourdes ont augmenté de 5,09 %, contre 1,70 % pour les dépôts en devises. Le ratio de prêts improductifs est passé à 7,99 %, contre 8,44 % au trimestre précédent.

Les perspectives de la BRH indiquent une contraction économique projetée entre −1,9 % et −1,5 % en 2026, marquant une huitième année consécutive de recul. Les risques internes incluent l’insécurité, les contraintes de mobilité et les tensions budgétaires. Les risques externes concernent les tensions géopolitiques et la hausse des prix des produits de base.

La BRH avertit également que le durcissement des politiques migratoires dans les pays d’accueil pourrait réduire les transferts privés vers Haïti. Les risques climatiques pourraient affecter l’offre alimentaire et accentuer l’inflation. La banque centrale affirme qu’elle poursuivra une gestion active de la liquidité afin de préserver la stabilité des prix, du marché des changes et du système financier.

 

Likenton Joseph

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